Vous dire que la décision prise par les dirigeants de l’UEFA (la Fédération européenne de football) de ne pas désigner Bruxelles comme ville hôte de quatre rencontres du prochain championnat d’Europe de football m’ait surpris serait vous mentir. Qu’elle m’ait fait plaisir le serait tout autant. En effet, cette décision, qui est aussi logique qu’implacable, est de nature à faire mal à tout qui est attaché à l’image et au rayonnement de notre Région, dans le pays comme dans le monde. Elle fait d’autant plus mal qu’elle était attendue parce qu’elle n’est que le résultat d’une multitude d’erreurs qui ont été commises par une multitude d’acteurs politiques qui n’ont pas été à la hauteur de ce projet essentiel qu’est celui de l’érection d’une infrastructure sportive d’envergure dans une ville comme Bruxelles qui est, il est parfois bon de le rappeler à certain(e)s ayant par trop tendance à l’oublier, à la fois la capitale du pays et celle de l’Europe.

Depuis le moment où, au sortir d’un séminaire de travail qui s’était tenu à Ostende après la passation de pouvoir entre Charles Picqué et Rudi Vervoort, le tout frais nouveau Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale avait annoncé le soutien de celle-ci au projet d’un stade de football sur un emplacement appartenant à la Ville-Bruxelles mais situé sur le territoire de la Flandre, il était apparu clairement, du moins pour certains dont je peux me prévaloir, que ledit projet avait plus que du plomb dans l’aile. Celles et ceux qui me font le plaisir de me suivre sur ma page facebook se souviendront certainement des nombreux billets que j’ai postés sur ce sujet depuis lors et, ce, chaque fois qu’un nouvel écueil apparaissait sur l’hyper longue route qu’avaient cru bon d’emprunter les pionniers de ce projet pour tenter d’arriver à leurs fins.

Trois tares frappaient et frappent toujours ce projet. La première est qu’il a été conçu en fonction d’un événement et non en fonction d’une politique globale de rayonnement, qu’il l’a été pour un seul sport et non pour un ensemble de disciplines sportives qui auraient pu y organiser, elles aussi, des compétitions d’envergure européenne ou mondiale. Ce faisant, ce projet a été fait à l’emporte-pièce, sur la base d’une idée simpliste selon laquelle il ne devait et il n’allait rien coûter à la collectivité, facteur qui a justifié le fait qu’il pouvait être laissé aux mains de celui qui avait dès le début fait entendre que, dans le cadre d’un accord de bonnes influences au sein de la majorité de la Ville de Bruxelles, le stade serait son jouet, son faire-valoir politique .

La deuxième tare de ce projet est que, alors qu’il était donc une initiative commune à la Ville de Bruxelles et à la Région de Bruxelles-Capitale, il n’était (n’est) pas appelé , plus que curieusement d’ailleurs, à voir le jour sur le territoire de la capitale ou d’une des 18 autres communes de la Région mais bien sur le sol de la commune de Grimbergen qui, comme chacun le sait aujourd’hui, fait partie de ces communes de la périphérie de Bruxelles où les Flamands considèrent qu’ils n’ont à souffrir d’aucune ingérence extérieure que ce soit. Ne pas s’attendre à ne pas voir ce bon public tant attaché à la cause nationale et à tout ce qui touche à la symbolique du pays s’élever et multiplier les embûches contre ce projet qui a été identifié dès le départ par ces mêmes personnes comme une vitrine d’ordre belgicain posée sur leur sol pour répondre à un objectif de rayonnement international relevait de la plus grande des naïvetés ou de la stupidité la plus surprenante de la part de personnages généralement présentés comme ayant quand même un minimum de réflexion et un maximum de bon sens politique.

La troisième tare de ce projet de grand stade destiné à accueillir des compétitions de football ainsi que des concerts susceptibles d’accueillir de larges publics est qu’il est né dans une époque où, notre pays s’étant fortement régionalisé après avoir subi d’abord une grande cure de communautarisation, il n’est pratiquement plus envisageable de voir s’y mener des projets ambitieux et de grande envergure. La Belgique se rétrécit chaque jour un peu plus dans la mesure même où, du fait d’une politique sans souffle et axée davantage sur les restrictions que sur les investissements, ce qu’il en reste n’est plus en mesure de « coller » à l’évolution de notre temps et ne se trouve ainsi plus en mesure de mener à bien des projets que l’on qualifie d’ambitieux quand on veut désigner des travaux qui sont d’intérêt commun et qu’ils ont pour vocation de rassembler et d’apporter à tout un chacun le sentiment d’un réel bien-être collectif.

A présent que l’UEFA a pris la décision que l’on sait, que va-t-il advenir du projet-croupion qui pose tant problème ? Va-t-il y être donné suite ? Va-t-il être revu à la baisse, c’est-à-dire être « oublié », ou à la hausse, c’est-à-dire être remanié et complété pour en faire, ailleurs que sur terrain de parking, un ensemble de grande qualité et de plus grande portée ? L’avenir nous le dira rapidement. Il reste donc à espérer que celles et ceux qui auront à le tracer se souviendront de la sagesse du propos qui nous apprend que « l’intelligence sans ambition est comme un oiseau sans ailes ».

stade de bruxelles 1

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