Pascal Smet perd la tête

Je compare souvent Bruxelles à une prostituée (a whore, a prositute, dit le ministre) parce qu’en même temps elle est belle, excitante et déplaisante. C’est attirant et en même temps repoussant. C’est beau dans sa laideur et c’est laid dans sa beauté. C’est une ville duale qui ne se rend pas la tâche facile mais une fois qu’on en tombe amoureux on le reste  ».

Voilà le propos que Pascal Smet a cru bon de tenir pour on ne sait trop quelle bonne ou mauvaise raison. En mettant face à face ou côte à côte notre Région de Bruxelles-Capitale et une dame qui vit de ses charmes pour tenter de dire que toutes deux avaient des aspects positifs et d’autres qui le seraient moins, il a complètement loupé l’effet qu’il cherchait, volontairement ou non ?, à produire.

Il a non seulement heurté celles et ceux, les bien-pensants, pour qui toute comparaison avec une prostituée est chose dégradante pour l’élément mis de l’autre côté de la balance mais il a également outré celles et ceux, dont je suis, qui estiment qu’il n’y a(vait) pas lieu de faire pareille confrontation d’images. Les prostituées sont des êtres qui méritent assurément autant considération que toute autre personne et n’ont donc pas à être stigmatisées comme elles le sont au travers de cette comparaison d’un goût plus que douteux. En l’occurrence, Pascal Smet se discrédite complètement tant il montre bien là cette mysoginie qu’on lui connaît en laissant entendre qu’elles seraient des femmes sur lesquelles on pourrait “pisser” pour inverser la belle image de Jacques Brel qui, dans sa remarquable chanson “Amsterdam”, nous invite à voir “les marins d’Amsterdam boire et reboire encore à la santé des putains d’Amsterdam, d’Hambourg ou d’ailleurs, enfin aux dames qui leur donnent leur joli corps, qui leur donnent leur vertu pour une pièce en or et puis, quand ils ont bien bu, se plantent le nez au ciel, se mouchent dans les étoiles et pissent comme je pleure sur les femmes infidèles”.

Pas plus que Bruxelles, les prostituées n’ont besoin d’être déconsidérées par des propos ambigus ou malodorants comme ceux que Pascal Smet a formulés pour faire parler de lui et non pas pour servir la cause de l’une ou celle des autres. Le Ministre s’est, paraît-il, excusé pour cette sortie plus que détestable par tout ce qu’elle charrie comme aspects incongrus et déplacés. Ce n’est toutefois pas suffisant car ce n’est pas la première fois non plus qu’il s’excuse ainsi à la va-vite après avoir mesuré qu’il avait commis un faux pas ou qu’il avait fait fausse route. Il devrait être publiquement rappelé à l’ordre, non pas à cet ordre moral auquel penseront celles et ceux qui auront été dérangés par le fait qu’il ait fait usage, si je puis dire, des prostituées et de l’ image peu catholique que ce même public leur prête mais bien à un ordre supérieur, celui de la bienséance publique. Pour avoir cherché à se rendre intéressant en commettant une double faute, celle d’avoir surfé sur cette méchante idée selon laquelle une prostituée serait une femme ne méritant pas d’être traitée à l’égale de tout être humain et celle d’avoir donné l’occasion à qui ne veut pas du bien à Bruxelles de trouver là matière à lui nuire un peu plus encore.

Dans bien des organismes publics, il est prévu pour les agents qui n’ont pas respecté le code de bonne conduite qu’il sied d’y suivre d’être mis à pied pendant quelques jours ou plus encore en fonction de la gravité des faits qui leur sont reprochés. Comme il n’existe pas pareille réglementation pour les Ministres, il serait bon que, en sa qualité de Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort laisse entendre, haut et clair, qu’il ne peut accepter pareils propos et qu’il désavoue publiquement le sieur Pascal Smet. Et, ce, tant il faut se méfier de tout accepter car comme nous l’a appris Gustave Flaubert dans Notes de voyage: “Une sottise ou une infamie, en se renforçant d’une autre, peut devenir respectable. Collez la peau d’un âne sur un pot de chambre, et vous en faites un tambour.”

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