croisière

Par petites touches, pas à pas, le cdH affine sa position, ou du moins son propos, à l’égard de la N-VA. Alors que, la semaine dernière, Benoît Lutgen prêchait et cherchait à faire entendre que le parti dont il est (encore) le Président ne s’allierait pas avec la N-VA dans le cadre d’une prochaine majorité fédérale, Maxime Prévot, Bourgmestre de Namur et homme souvent présenté comme étant destiné à devenir le prochain Président du chH, fait entendre sa voix et dit très clairement que ce serait une erreur pour son parti de se fermer à toutes négociations possibles avec le parti de Bart De Wever.

Ce qu’il est surtout intéressant de relever dans ce que dit Maxime Prévot lors de l’interview donnée à RTL ce dimanche est qu’il faut se garder de voir une grande différence entre le propos de Benoît Lutgen qui dit « ne pas souhaiter faire alliance avec la N-VA » et le sien qui considère qu’il ne sert à rien de jeter des exclusives sur les uns et sur les autres car la discussion sur la formation de la prochaine majorité fédérale dépendra avant tout des résultats des uns et des autres. Ce qui veut dire en clair que, pour lui, le cdH doit éviter de donner l’impression de rejeter avant coup la N-VA car cela ne ferait que compliquer la tâche de son parti qui, si on traduit bien sa pensée, se doit de bien se positionner pour être celui qui apportera, en sièges au Parlement, de quoi permettre la reconduction de l’actuelle majorité. Tant il est à penser que les partis constituant celle-ci ne réaliseront pas le même score électoral en 2019 que celui de 2014. Comme il est permis de l’observer, le cdH cherche à se sauver de la noyade et lance des signaux plus que subliminaux aux partenaires de l’actuelle majorité fédérale, et surtout à la N-VA, pour dire qu’il est prêt à monter dans leur bateau lors de la prochaine croisière.

Faut-il l’en blâmer pour autant ? Quand on a vu l’énorme parjure qu’a commis le MR sur ce thème de l’alliance avec la N-VA lors des dernières élections, il serait évidemment assez grossier de lui jeter la pierre.

Cela étant, je relève de cette mise en scène parfaitement réalisée par le cdH deux points particulièrement saillants.

Le premier a trait à la N-VA et à sa « dédiabolisation ». Si les partis francophones n’en sont pas encore arrivés à ne plus faire du parti de Bart De Wever cet épouvantail avec lequel ils affirmaient, haut et clair avant les dernières élections de 2014, ne jamais vouloir s’allier, ils semblent avoir compris qu’il n’avait servi à rien de se focaliser sur ce parti et que, au contraire, celui-ci n’avait fait que prospérer sur fond d’opposition à toute la communauté française du pays à son égard.

Le second concerne l’unité du cdH. Même si celle-ci est de pure façade, elle est là, manifeste. Et elle ne manque pas d’impressionner par son caractère réaliste en cette période où, pour on ne sait trop quelle(s) bonne(s) ou mauvaise(s) raison(s), le patron de Solidaris et celui de la FGTB wallonne ont décidé de dégoupiller quelques grenades et de les lancer en direction d’Elio Di Rupo. Le contraste est pour le moins saisissant….

 

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