En provenance de la page de Claude Zylmans, vous trouverez ci-après la reprise d’un extrait d’ article publié en août 2010 par Médiapart. Je le fais d’autant plus volontiers que, ce dimanche matin, j’ai eu l’occasion d’appréhender assez concrètement ce « sentiment de mollesse » dont il est question dans cet article. Je me trouvais avec une de mes deux filles attablé dans un établissement bordant une des grandes places, sinon la plus grande, de notre Ville-Région. Nous étions assis en manière telle que, de l’endroit où nous étions, nous ne pouvions voir que saletés sur le trottoir, bâtiments tagués, étages inoccupés, trottoirs mal entretenus. une vitrine vide.

Ce triste décor m’a fait ressentir avec force la justesse du propos de cet article qui fait bien apparaître en quoi il est dangereux de se laisser entraîner sur la voie de la mollesse quand celle-ci n’est que le reflet de l’absence de réaction de la part des pouvoirs publics face à ce qui ne manque pas d’apparaître comme une forme de manque de considération complète à l’égard d’Autrui. Ou quand mollesse signifie également absence de réaction significative, ou résignation ?, du grand public face aux entorses commises par des Ministres, et par Théo Franken en particulier, à l’encontre du sacro-saint principe du respect de l’autonomie des trois piliers de notre régime démocratique.

Comme je le disais encore hier dans un autre billet consacré à ce même péril, il est temps de prendre garde et d’agir face à cette force rampante qui, sans crier gare, s’infiltre insidieusement dans nos rouages institutionnels et dans nos esprits. Il n’est pas trop tard mais, attention, le temps est sans pardon pour celles et ceux qui le méprisent.
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« Comment devient-on fasciste ?

En voyant la facilité avec laquelle se met en place progressivement et insidieusement l’ordre nouveau en France, sans une réelle opposition malgré les molles protestations formulées ici ou là, il ne parait pas inutile de revenir sur la montée du fascisme avant-guerre dans les pays à tradition pourtant démocratique : Italie, Allemagne, France.

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas nécessairement la force de conviction d’une idéologie nouvelle, autoritaire, irrationnelle, anti-humaniste et raciale qui prime, mais l’absence de crédibilité d’une idéologie contraire. Ainsi, malgré les sonnettes d’alarme tirées à titre individuel par de nombreux intellectuels et démocrates, la montée du fascisme semble, au regard de l’histoire, avoir été quelque chose d’inévitable et d’ imparable du fait sans doute de la frilosité des oppositions cherchant, plutôt qu’à combattre ensemble, à composer avec un phénomène inédit en espérant ainsi pouvoir le canaliser et le manœuvrer sans comprendre que c’est lui qui manœuvrait et canalisait en sous-main. Le fascisme, même comme solution extrême, devient alors le seul à pouvoir nous surprendre et nous faire rêver.
Un des meilleurs témoignages est sans doute celui que Dominique Fernandez nous livre en reconstituant le parcours de son père dans « Ramon ». Voilà un écrivain français, naturalisé de fraîche date, progressiste, marxiste, admiré par les plus grands de son époque, non conformiste, qui bascule de manière active dans le fascisme d’abord, dans la collaboration ensuite, rencontrant même Goebbels à Weimar en 1941, sans avoir été apparemment motivé par l’arrivisme, le pouvoir, les honneurs ou l’appât du gain mais par une sorte de tentation autodestructrice que Dominique Fernandez attribue à un échec amoureux personnel.
Il n’y a donc pas de portrait type du fasciste mais la rencontre entre une circonstance et un état d’esprit. »
Lincunable, 16 août 2010

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