Même si je n’aimais pas souvent le choix des sujets Benjamin Maréchal proposait aux auditeurs de « C’est vous qui le dites » (voir lien repris en bas de page) et le laxisme dont il faisait parfois preuve quand une de ses auditrices ou un de ses auditeurs se lâchait au point de tenir des propos qui dépassaient les limites de la correction en matière de respect de l’Autre, je dois bien reconnaître que je ne manquais pas d’être impressionné par la grande capacité qu’il avait, sinon le talent qu’il avait et qu’il gardera, à « ouvrir la voie à la voix ». La voix de celles et de ceux à qui elle n’est jamais donnée.

En cela, son émission était une formidable caisse de résonnance de la vox populi. Et une réelle source d’information sur la teneur de l’opinion publique. Ayant eu l’occasion de discuter de l’homme avec quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime et qui le connaissait bien pour avoir travaillé un bon ou de temps avec lui dans le cadre de cette émission, j’ai appris qu’il était très soucieux d’aller à la rencontre et d’être à l’écoute de celles et de ceux qui le suivaient au travers de cette émission que, en équipe, il préparait avec grand soin.

Il y a deux ans d’ici, je me trouvais tôt matin dans le Namurois et, pour couper une petite faim qui m’appelait à manger un quelque chose, j’étais entré dans une boulangerie-pâtisserie du coin. Et quelle ne fut pas ma surprise d’y voir, assises à une table, deux personnes plus âgées que je ne l’étais, toutes oreilles tendues vers l’appareil qui diffusait l’émission de Benjamin Maréchal. Après avoir été servi, je suis resté dans cette boulangerie-pâtisserie. Le temps de manger ma couque aux raisins et, plus longtemps surtout, pour regarder comment ces deux personnes « mangeaient tout ce que le poste disait ». Et pour comprendre à quel point le qualificatif de « populaire » pouvait être beau et avoir du sens.

Aujourd’hui, Benjamin Marchal a l’intelligence de partir et de ne pas répondre directement à celles et à ceux qui, confondant chasse à l’homme et critique appropriée, ne cessaient ces derniers temps de lui trouver plus que des poux sur son crâne et devenaient même lassants et dérangeants à force d’apparaître comme des chiens haineux. Aussi, comme je ne supporte en rien tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à ce qui peut apparaître comme une forme de lynchage, j’en viens à regretter que la RTBF n’ait pas senti le mauvais vent se lever et qu’elle ait manqué de flair, ou de savoir-faire, pour empêcher que l’émission ne devienne, comme ce fut le cas ces dernières semaines, un sujet de palabres souvent bien plus détestables que celles entendues parfois de la part des auditrices et des auditeurs de l’émission “C’est vous qui le dites”.

« Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher.” Martin Luther King

http://www.lalibre.be/culture/medias-tele/benjamin-marechal-tous-les-sujets-de-c-est-vous-qui-le-dites-sont-valides-par-la-direction-5a5e0eadcd7083db8b987d47

Cap Blanc-Nez

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