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L’article repris ci-après ne vaut que pour sa première partie, celle qui concerne les pourparlers entre la Turquie et l’Union européenne. On le sait, la Turquie est candidate pour faire partie à l’avenir de l’ensemble des pays membres de l’Union européenne. A cet effet, des pourparlers, entamés depuis belle lurette, ont été en cours jusqu’au moment où l’arrivée d’Erdogan à la tête de ce grand pays a changé bien des données.

Je ne vais pas reprendre ici tout ce que vous connaissez déjà sur les débordements commis par ce triste personnage en matière d’autoritarisme, d’étranglement des libertés, de prédominance de la religion islamique sur la pratique de la laïcité, de chasse aux Kurdes et j’en passe. L’homme fort de la Turquie est également fort à l’égard de l’Europe dans la mesure où celle-ci, dans un de ses moments d’égarement comme jamais elle n’aurait dû en connaître un aussi aberrant, avait cru opportun de faire de la Turquie, pensant ainsi régler les problèmes qu’elle rencontre avec l’afflux de migrants en provenance d’Asie et du Proche-Orient, un nouveau rideau de fer moyennent le paiement d’un montant de quelque 6 milliards d’euros.

Comme l’article relate les passes d’armes qui ont eu lieu ces derniers mois entre la Turquie et l’Union européenne, et avec l’Allemagne en particulier, je ne m’attarderai pas sur le sujet tandis que je voudrais « épingler » plus précisément celui qui ne figure pas dans cette évocation faite de la visite rendue par Erdogan à Macron. Ce sujet, c’est celui qui a trait à la mise au point faite par Macron face à son visiteur.

Là où ses derniers prédécesseurs à l’Elysée n’auraient fait que ronds de jambes et n’auraient tenu que des propos sans portée, lui, ce jeune Président qui n’a pas encore quarante ans d’âge, a, d’un coup habile et tranchant, fait savoir à Erdogan que le projet d’adhésion de la Turquie à l’UE n’était plus à l’ordre du jour et que, tout au plus, pouvait seulement être envisagé, compte tenu de ce qui se passe actuellement en Turquie, l’établissement d’un accord-cadre de coopération entre son pays et l’UE.

Voilà qui remet certaines choses à leur place et, même si cela ne règle en rien, mille fois hélas, tout ce qui est de nature à rendre insupportable la vie de millions de personnes en Turquie et dans le Nord de la Syrie, il ne m’est pas désagréable de savoir déjà qu’Erdogan a trouvé à Paris un gros caillou sur son chemin. Question d’honneur.

bateau de plume

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L’UE et la Turquie ont-elles enfin compris qu’une coopération vaut mieux que l’adhésion ?

 

Après une cinquantaine d’années de discussions, la Turquie et l’Union européenne ont abandonné l’idée d’une adhésion de la première à la seconde, et s’orientent vers une nouvelle forme de coopération, affirme Stuart Williams de l’AFP.

L’année dernière, les relations étaient on ne peut plus tendues entre la Turquie et l’Union européenne et les négociations en vue de l’adhésion turque à l’Union européenne ont été stoppées. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et certains de ses ministres, tenaient des discours agressifs envers certains pays européens. Ils ont notamment accusé l’Allemagne de tenir des discours évoquant « l’époque nazie ».

Mais cette nouvelle année ne semble pas démarrer sous les mêmes auspices, et c’est un Erdogan plus conciliant qui s’est rendu à Paris, tandis que son premier ministre est allé en Allemagne. Plusieurs dirigeants européens ont appelé à un nouvel esprit de réalisme. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’il fallait « mettre fin à l’hypocrisie ». Le journal turc Hurriyet a vu dans ces propos « un changement de paradigme » dans les relations entre l’UE et la Turquie.

Le processus d’adhésion au point mort

Tout le monde comprend maintenant que le processus d’adhésion est au point mort et qu’il ne pourra plus progresser. La Turquie elle-même y a renoncé. Ekaterina Zaharieva, la ministre bulgare des Affaires Etrangères, a déclaré récemment qu’il valait mieux avoir une discussion « réaliste » avec la Turquie sur son adhésion à l’UE sans « cacher les problèmes ».

Selon Marc Pierini, chercheur à Carnegie Europe et ancien ambassadeur en Turquie de l’UE, la Turquie ne satisfait plus les critères requis, notamment sur la question de l’Etat de droit, en raison de « ses propres choix ».

La relation devrait donc évoluer vers une coopération des deux partenaires sur un certain nombre de sujets, notamment dans les domaines du commerce, des réfugiés et de la lutte contre le terrorisme.

Toutefois, Omer Celik, ministre turc des Affaires européennes, a déclaré que son pays considèrera ces propositions comme une insulte, ajoutant que la Turquie n’accepterait jamais « un statut de deuxième classe ».

Le partenariat américain évanoui

La Turquie avait espéré pouvoir développer une relation étroite avec le président américain Donald Trump. Mais ces aspirations ont été graduellement douchées. En particulier, le choix stratégique des Américains d’armer les Kurdes pour lutter contre l’Etat islamique, n’a rien arrangé. L’annonce très récente de la création d’une force de 30000 hommes sur le territoire syrien, composée à majorité d’une milice kurde, le YPG, a particulièrement irrité Erdogan.

Simultanément, la Turquie reconnaît que les partenariats pragmatiques avec l’Iran et la Russie, deux pays traditionnellement antagonistes, demeurent très fragiles. Au Moyen-Orient, l’arrivée du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a également changé la donne.

Des partenaires commerciaux importants

En dépit de ses critiques, l’Union européenne est demeurée le meilleur partenaire commercial pour la Turquie. De même pour l’Union Européenne : la Turquie est son quatrième marché d’exportation et le cinquième plus grand marché d’importation.

Sigmar Gabriel, le ministre allemand des Affaires étrangères, a suggéré à la fin du mois de décembre que le Brexit pourrait offrir un modèle pour les relations futures entre la Turquie et l’Union européenne.

 

 

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