Le journal « L’Echo » a révélé ce samedi 24 février les dessous de la vente du Royal Sporting Club d’Anderlecht à Marc Coucke,  l’un des hommes qui, lorsqu’il est question d’augmentation de capital ou de vente d’entreprise,  est le plus sollicité depuis que lui-même a revendu son entreprise Omega Pharma.  L’article, dont vous trouverez le lien au bas de ce billet, fourmille de détails. Tant il évoque bien les mouvements et les revirements qui ont eu lieu en amont de la décision prise par le Conseil d’Administration de ce qu’il est déjà permis d’appeler le RSCA à la papa (Vandenstock), cet article constitue en soi un document qui pourrait fournir la trame d’un passionnant thriller financier: ruses, complicité, duplicité, trahison, agents d’argent, dramatisation, enchères, dessus et dessous de table, opération(s) immobilière(s) en filigrane, tout s’est trouvé réuni dans les échanges et mouvements qui ont eu cours durant les semaines qui ont précédé l’annonce faite à la fin du mois de décembre dernier par le CA du RSCA que le club avait trouvé un nouvel acquéreur pour poursuivre ses activités.

Que nous apprend cet article en dehors du fait que le RSCA était un club qui avait un très grand nombre de membres de personnel, qu’il payait très largement ses joueurs et que l’ensemble de ses charges salariales excédait ses recettes d’exploitation, bref que le club vivait au-dessus de ses moyens et qu’il ne s’en sortait que grâce à la vente des joueurs façonnés par son école de formation ?

Je retiens en premier que cette vente s’est faite sur fond de terribles rivalités entre des personnes qui n’avaient en fait, pour la plupart, que peu d’attaches réelles avec le club mais qui voyaient surtout dans cette acquisition le moyen de faire affaire par ailleurs et par après.

Il est également permis de remarquer que la partie relevant du devenir  sportif du club dans le dossier examiné par le Conseil d’Administration tant avant qu’au moment de la décision finale ne semble avoir occupé que très peu de place dans les arguments déployés par les différents candidats à la prise des rênes de commandement du club.

Autre sujet qui sera toujours fait pour m’étonner dans tout ce qui touche au monde du sport irrigué par l’argent est le peu de liaison qu’il y a entre celles et ceux qui sont à la tête de ce type de clubs, ou qui aspirent à y arriver, et les mondes des membres sportifs et des supporters de ces mêmes clubs, mondes qui sont pourtant ceux par lesquels et pour lesquels les clubs sont censés exister.

Maintenant que la vente du RSCA a été faite en fonction des intérêts financiers des anciens actionnaires de ce dernier, reste à attendre ce que le nouveau maître des lieux va en faire.  Va-t-il réduire la voilure du club ou, au contraire, la déployer dans de nouveaux domaines? Va-t-il s’inviter ou être invité à entrer dans la saga des discussions en cours sur le projet de nouveau stade national? Le club va-t-il rester dans la Commune d’ Anderlecht et s’orienter dans le développement d’un club à multiples disciples sportives comme on en trouve de très grands en Espagne par exemple? Va-t-il intégrer dans son CA des représentants des membres affiliés et des forces vives de son club ? Que va-t-il faire de tout ce monde qui, ces dernières années, a gravité à l’intérieur et/ou à l’extérieur de la direction sportive du club sans apporter à celui-ci des résultats convaincants ? Va-t-il, maintenant qu’il est menacé de perdre grande partie de sa fortune qui lui a permis ces derniers temps de mettre beaucoup de jetons sur la table du grand casino de la vie économique de notre pays, être en mesure d’injecter des moyens supplémentaires pour faire du RSCA un club d’une autre dimension européenne que celle qui est la sienne aujourd’hui et qui est assez petite pour l’heure ?

Voilà quelques-unes des réflexions et des questions qui me viennent à l’esprit à la suite de la vente du RSCA à Marc Coucke. Des réflexions ou des questions qui pourraient fournir scénario à un autre film qui pourrait, celui-ci, s’intituler : Comment un millionnaire a rendu une âme aux Mauves et Blancs.

Pour autant bien entendu que l’on puisse parler d’âme dans ce monde d’argent sportif.

Jean-Pierre Brouhon.

https://www.lecho.be/entreprises/sport/Comment-les-Mauves-et-blancs-ont-vendu-leur-ame-a-un-millionnaire/9985958?utm_campaign=MORNING_COMMENT&utm_medium=email&utm_source=SIM

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