Le Soir consacre sa “une” de ce mardi à la mobilité dite durable à Bruxelles. Sous le titre “Bruxelles loin du compte”, le journal explique brièvement, avant de détailler son analyse et ses commentaires sur deux pleines pages en son intérieur, en quoi et pourquoi la capitale fait pâle figure en Europe dans ce domaine : trop de voitures, pas assez de vélos, des transports publics perfectibles.

De fait, l’article tire toutes ses informations d’une étude réalisée par quatre chercheurs de l’Institut Wuppertal en Allemagne pour le compte de Greenpeace, une étude portant sur treize grandes villes européennes. Et, comme dit au début de l’article, l’analyse “met le doigt où ça fait mal”. Ou, du moins, elle constitue un bien mauvais bulletin pour notre Ville-Région et pour celui qui est son Ministre de la mobilité . Qu’on en juge.

Dans les cinq grands indicateurs (la performance des transports publics, la mobilité active, la sécurité routière, la qualité de l’air et la gestion publique de la mobilité), Bruxelles se classe dans les cinq derniers rangs pour chacun d’eux si l’on excepte celui de la qualité de l’air : 9ème en mobilité active (vélo et marche), 10ème en sécurité routière, 11ème en transport public et en gestion de la mobilité.

Comme il est permis de le constater, le classement n’est guère glorieux même s’il est permis de se demander sur base de quels critères sociométriques cette étude a pu se baser pour “quantifier” des indicateurs comme celui du taux de performance des transports publics pour ne prendre qu’un seul exemple parmi ceux-ci. Cela étant et partant de l’idée que, même si elle comporte des points qui sont de nature à influencer favorablement ou défavorablement telle ou telle autre des 13 villes prises en considération, cette étude présente l’avantage de pouvoir appréhender plus ou moins précisément ce qu’il en est de la “mobilité durable” de Bruxelles. Le constat est clair, c’est pas bon.

Tous ces résultats sont-ils de nature à étonner celles et ceux qui vivent à Bruxelles et qui savent mieux que quiconque que le mot mobilité n’y a plus de signification réelle ? Non tant il est vrai que notre Ville-Région et ses habitants et ses usagers souffrent de plus en plus de ces points de congestion que l’on retrouve un peu partout dans l’espace bruxellois et qui résultent d’un manque de hiérarchisation et de coordination dans la conduite de tout ce qu’il convien(drai)t de faire dans le cadre de ce à quoi le monde bruxellois n’a que trop peu accordé d’attention au cours de ces vingt dernières années : la politique de la mobilité.

Cette politique de la mobilité régionale a été aux mains de Pascal Smet pendant neuf des quatorze dernières années. Aussi, quand celui-ci ose déclarer:  “Les conclusions de ce rapport sont exactes. J’y vois un encouragement à la politique que j’essaie de mener : faire de Bruxelles une ville pour les gens plutôt que pour les voitures”, je n’ai qu’une seule envie. Celle de lui dire qu’il y en a marre de l’entendre répéter cette même et stupide chanson depuis qu’il s’est trouvé en charge de conduire ce grand département, et ce, par le biais du mécanisme (qui ferait bien d’être revu d’ailleurs) de l’attribution des lots de compétences ministérielles au sein du gouvernement bruxellois. Pascal Smet a montré et montre encore, jour après jour, déclaration après déclaration, qu’il n’est pas aux affaires pour fixer un cap aussi sérieux qu’ambitieux et pour prendre les décisions voulues en vue de l’atteindre mais qu’il fait tout de manière brouillonne, c’est-à-dire sans méthode ni ordre. Pour ne prendre que deux exemples pour étayer mon propos, je relèverai son manque complet d’implication dans la réclamation de moyens importants qui auraient pu permettre, et qui permettront un jour, au chemin de fer d’être tout grand vecteur du transport public à Bruxelles et, sans parler du manque de coordination des grands et petits travaux publics, je pointerai également son manque de discernement dans la gestion du stationnement à Bruxelles alors qu’il dispose d’outils et de textes pour ce faire.

Pascal Smet a beau s’attribuer le titre de plus grand visionnaire pour le devenir de Bruxelles. Il n’est cependant rien d’autre qu’un Ministre qui ne laissera aucune trace à Bruxelles, si ce n’est celle d’un doux rêveur qui n’a pas su y faire.

Heureusement, viendra un jour la mobilité à Bruxelles. Quand choix et méthode vaudront plus que verbiages et gesticulations.

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