Quand donc l’Union Européenne se résoudra-t-elle à considérer que la Hongrie n’est plus un pays pouvant être considéré comme un pays respectueux de ses principes fondateurs et des règles que, dans pareil cadre, il y a lieu de suivre en matière de liberté, de dignité, d’égalité, de solidarité, de citoyenneté et de justice ? A plusieurs reprises déjà, la Hongrie s’est « distinguée » par l’adoption de lois qui contreviennent à ces principes qui s’inscrivent pourtant en lettres d’or dans la Charte des droits fondamentaux adoptée par l’Union européenne le 7 décembre 2000.

Aujourd’hui, sans même attendre l’avis de la Commission européenne qui lui avait cependant demandé d’attendre de recevoir son avis avant toute présentation de son projet de loi devant son Parlement, la Hongrie passe en force et se propose d’adopter cette idée qui fera d’une personne qui apportera de l’aide à un migrant un fauteur de troubles qui sera passible de mesures d’emprisonnement (cf article ci-après ce billet)

Comme il est permis de le constater, on est en plein délire. Et l’Europe en pleine déshérence, incapable de faire montre d’unité de vues et, encore moins, de faire preuve d’autorité à l’endroit de pays qui se comportent comme s’il n’était plus tenu par aucun texte ni par aucune obligation.

Cela fait dire à d’aucuns, qui aiment bien les formules qui font mouche, que l’Europe est morte dans la mesure même où, depuis un bon bout de temps déjà, elle ne parle plus d’une voix et fonctionne à l’image d’une auberge espagnole où de nombreux pays passent ainsi à table et se servent de ce dont ils ont besoin sans aucun égard pour ceux qui leur ont précisément permis de bénéficier de ces aides et de devenir, comme la Hongrie par exemple, des pays autrement prospères que ce qu’ils étaient avant leur adhésion à l’Union européenne. Comment donner tort à celles et ceux qui se font pessimistes et sombres devant pareils désordres?

Il se trouve heureusement que l’Europe d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celle de demain et que, le balancier de l’histoire aidant, il va se trouver des forces nouvelles et des dirigeants pour mettre de l’ordre dans la Maison et, quitte à se débarrasser de ceux qui ne sont habités que d’un esprit nationaliste, pour la rendre plus soucieuse de justice sociale et de capacité à se faire respecter, aussi bien à l’intérieur de ses frontières qu’à l’extérieur de celles-ci.

Oui, une Europe plus forte et plus solidaire va naître de toutes les turbulences qu’elle traverse pour l’heure et qu’elle va devoir encore affronter avec les vents de nationalisme et du rejet de l’Autre qui soufflent sur ses flancs.

La chose ne sera toutefois réalité que si chacun garde foi dans les vertus de la démocratie.  Tant il est vrai que, comme nous le souffle Jean-Paul Sartre, « la vie humaine commence par l’autre côté du désespoir ».

https://www.msn.com/fr-be/actualite/monde/la-hongrie-veut-criminaliser-laide-apport%C3%A9e-aux-r%C3%A9fugi%C3%A9s/ar-AAyUPms?li=BBqiQ9T

Jean-Pierre Brouhon

 

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