Je suis actuellement occupé de lire un livre qui, sous la forme d’un roman découpé en plusieurs épisodes, évoque, pour petite partie ce que fut la guerre d’Espagne et, en de nombreux chapitres, ce qu’a été le Régime du Caudillo, un régime qui reposait sur le principe premier de l’Autorité et trois piliers: l’Eglise catholique, l’Armée et le Mouvement national qui faisaient chasse commune à tout qui tentait d’échapper à la raison de l’absolutisme.

Ce livre est passionnant dans la mesure même où il est non seulement très bien écrit mais où il permet de voir comment était articulé ce pouvoir aux multiples entrées et sorties qui étaient décidées au gré de la volonté du Caudillo qui jouait comme nul autre des rivalités et des oppositions entre ces différentes composantes afin qu’aucune d’entre elles ne puisse faire de l’ombre à son pouvoir personnel.

A cet égard, je vous cite, rien que pour le plaisir de l’écriture, comment l’auteur, Zafon, décrit les “élus” de ce monde qu’il dépeint avec une plume en forme de scalpel :

Tu seras surprise de constater à quel point on cherche toujours dans le présent, ou le futur, des réponses qui se trouvent dans le passé”.

Léandro avait une certaine proposension aux aphorismes didactiques. Cette fois, Alicia avait pensé qu’il parlait du défunt, ou alors de lui-même et de cet océan de noirceur qui paraissait l’avoir laissé aux portes du pouvoir, comme tant de personnages honorables partis à l’assaut de la lugubre architecture du régime. Les élus, comme elle les appela plus tard. Ces individus qui flottaient toujours dans les eaux troubles, telles des scories. Une pléiade de champions qui, davantage que nés d’une mère, lui paraissaient engendrés par la chape de pourriture qui recouvrait les rues de cet espace en friche, tel un ruisseau de sang jailli des égouts.

Pourquoi cette évocation de l’Espagne franquiste au-dessus d’un article qui parle de la Hongrie et de l’appel lancé par Viktor Orban, présenté ici comme la figure de proue des pays de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est, à faire la guerre à l’Union européenne ?

Tout simplement parce que, comme dit dans “Le labyrinthe des esprits”, les réponses que l’on peut se poser sur le présent ou sur le futur de certains faits majeurs peuvent se trouver dans le passé. Et cette affirmation ne manque pas de fondement quand on voit les points de similitude qu’il peut y avoir entre le discours empli de grosses ficelles (fausse démocratie, famille, haine de l’étranger, le discours à deux vitesses à l’égard de la Russie, bases chrétiennes de l’Europe présentées comme bastion de la politique de la sécurité à mener en Europe, etc) que peut tenir Viktor Orban et celui que tenait Franco soutenu par tous ses affidés parmi lesquels les Autorités de l’Eglise catholique donnaient de la crosse à qui mieux mieux.

Mais qui fera en Europe pareille analyse au moment où tous les regards et tous les feux de l’opinion sont braqués sur l’autre danger que constitue également la pénétration de l’Islam dévoyé de son esprit de paix au coeur de bon nombre de ses foyers ?

31 juillet 2018

Viktor Orbán : « Il faut dégager les élites de 1968 »

Audrey Duperron

editor express

Les élections européennes de 2019 seront décisives pour l’avenir de l’Europe, et il est temps de se débarrasser des élites politiques occidentales qui se sont révélées incapables de protéger le Vieux Continent de l’immigration musulmane : c’est, en substance, ce qu’a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orbán la semaine dernière dans un discours donné à l’occasion d’une visite à une minorité hongroise à Baile Tusnad, en Roumanie.

Orbán, qui vient d’être réélu au mois d’avril, est devenu la figure de proue des pays de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est qui s’opposent à Bruxelles sur la question de l’immigration.

Les « quatre-vingt-dizards » contre les « soixante-huitards »

Il se présente comme le porte-flambeau d’une nouvelle génération de dirigeants est-européens, décrite comme “l’avenir de l’Europe”, les “quatre-vingt-dizards”, animés par le désir de “dégager” les “élites de 1968” qu’il accuse de vouloir imposer un “socialisme européen”. La crise migratoire a révélé l’échec des dirigeants européens, leur “inadaptation”, parce qu’ils ont renié les bases chrétiennes de l’Europe, imposé le “politiquement correct”, et qu’ils ont laissé le Vieux Continent se faire distancer par les Etats-Unis, et bientôt par la Chine, dans le domaine de la recherche.

“L’élite européenne a fait faillite, et le symbole de cette faillite est la Commission européenne. C’est une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que les jours de cette Commission sont comptés”, a-t-il notamment déclaré. “La génération anticommuniste, chrétiennement engagée, de sensibilité nationale arrive maintenant dans la politique européenne”, a-t-il promis.

 

Une Europe qui a « fait faillite »

Orban n’a pas été avare de critiques à l’encontre de Bruxelles, qu’il accuse de “prendre parti pour les libéraux” et “d’agir contre l’Europe centrale”. Cette Europe « a fait faillite », parce qu’elle a privilégié l’ouverture, plutôt que ses racines chrétiennes : “Dans l’Europe de la société ouverte d’aujourd’hui, il n’y a plus de frontières, les Européens sont interchangeables avec les immigrés, la famille est devenue un cadre de cohabitation variable selon les goûts, la nation, la conscience nationale, le sentiment d’appartenance à une nation sont considérés sous clef négative et comme devant être dépassés, et l’Etat ne garantit plus la sécurité en Europe”. Et de conclure : “La démocratie libérale s’est donc transmuée pour devenir une ‘non-démocratie libérale’. Cela veut dire qu’en Occident il y a le libéralisme, mais pas la démocratie.”

Sa solution, c’est de se mobiliser lors des élections européennes pour instaurer la “démocratie chrétienne illibérale”, qui prône les valeurs de la culture chrétienne, le modèle de famille traditionnel et s’oppose au multiculturalisme et à la migration.

Une politique « articulée » vis-à-vis de la Russie

Orban qualifie la politique européenne à l’égard de la Russie de “primitive”, parce que l’UE ne manque pas une occasion d’infliger des sanctions à la Russie, et affirme qu’elle se sent menacée par ce pays dans son ensemble.

Mais selon le Premier ministre hongrois, seuls les pays ayant une frontière commune avec la Russie – les pays baltes et la Pologne – sont réellement menacés, et l’Europe devrait donc bâtir une politique plus pragmatique à l’égard de la Russie, une politique “articulée”, dans ses propres mots. Cette politique assurerait une sécurité renforcée pour les pays vulnérables, tout en favorisant une ouverture commerciale plus grande à l’égard de la Fédération russe pour les autres Etats membres, à même de développer des coopérations économiques avec ce pays.

 

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