La nouvelle était dans l’air depuis un petit bout de temps. Il n’y aura plus de time-outs techniques lors des prochaines rencontres de toutes les compétitions disputées en Belgique. Ainsi en a décidé le Conseil d’Administration de Volley Belgium lors de la réunion qu’il a tenue ce mardi soir 21 août. Même si la nouvelle n’a encore été publiée sur aucun des sites des différentes composantes de Volley Belgium si ce n’est sur celui de la FVWB où elle n’a été adressée mercredi en fin d’après-midi qu’aux seuls arbitres comme s’ils étaient les seuls membres que l’information pouvait concerner, la mesure sera d’application dès le 1er septembre.

De fait, pareille prise de position aurait pu, et dû, être prise bien plus tôt déjà quand on sait que, dès le 6 juillet dernier, la Confédération Européenne de Volley-Ball avait fait savoir, par le truchement d’une communication on ne peut plus officielle, qu’il n’y aurait plus de technical time-outs lors des Coupes d’Europe 2018-2019 et que les Fédérations nationales étaient libres d’apprécier ce qu’elles voulaient faire pour leurs propres compétitions.

We would like to inform you that the CEV Board of Administration has decided, during its last meeting in Kazan (RUS) scheduled on 12 May 2018, to cancel, with immediate effect, the Technical Time-Outs (TTO) for all future CEV Volleyball Competitions.

Since 14 May 2018 on, there are no more Technical Time-Outs in matches of the CEV Volleyball Competitions.

This decision does not apply to national competitions.

Si mes informations sont bonnes, l’EuroMillions Volley League aurait, dès la communication faite par la CEV, fait savoir à Volley Belgium que, par souci de mettre les clubs qui défendront les couleurs du volley-ball belge dans les prochaines épreuves européennes immédiatement dans le bain des règles de jeu qui seront appliquées dès cette saison au plan européen, elle préconisait que le Championnat de la Ligue puisse adopter la même mesure dès cette saison.

En cela, même s’il a tardé à se prononcer, le CA de Volley Belgium a bien fait d’entériner cette sage proposition afin que les joueurs et les joueuses des équipes belges qui se trouveront impliquées dans les compétitions européennes puissent s’habituer à nouveau à jouer sans pouvoir compter sur ces deux arrêts de jeu qui permettaient à leur coach de faire le point de la situation et de délivrer les conseils utiles pour la suite de la partie.

Si cette décision est heureuse et se comprend pour nos clubs européens, l’est-elle pour toutes les autres équipes qui évoluent à un autre niveau que celui de l’EuroMillions Volley League et de la Ligue A Dames ? La réponse variera certainement d’une personne à l’autre comme il est déjà permis de le constater sur le réseau facebook. Pour ma part, pour faire court et direct, je regrette cette généralisation de la suppression des Technical Time-Outs dans la mesure où, précisément, elle est de nature à restreindre le rôle des entraîneurs et des coaches d’une part et à rendre le jeu moins élaboré puisque moins de temps de réflexion sera donné aux joueuses et aux joueurs pour “penser” leur jeu d’autre part.

Pourquoi les instances dirigeantes de la Fédération Internationale et de la Confédération européenne ont-elles décidé de supprimer ainsi sans rémission ces deux arrêts de jeu par set? Tout simplement parce qu’il est apparu aux spécialistes du marketing et de l’image du volley-ball que ces arrêts constituaient une perte de temps et une cassure de rythme dans les rencontres faisant l’objet de réportages télévisiés et qu’il était préférable de “resserrer” autant que possible le temps de jeu quitte à élargir un peu l’espace de temps séparant un set de l’autre et à favoriser de la sorte la diffusion de messages publicitaires.

Beaucoup trouveront regrettables toutes ces modifications qui ne sont pensées et adopées qu’en fonction d’intérêts purement médiatiques et économiques. Comment leur donner tort quand on aime son sport et que l’on se rend compte qu’il est en quelque sorte de plus en plus façonné et modelé à la manière de ce que font ces femmes et ces hommes qui passent bonne partie de leur temps de vie dans les cabinets de chirurgie esthétique pour se faire de plus en plus à l’image d’un corps ou d’un visage ciselé uniquement dans le but de (se) plaire.

Mais que dire alors du futur ? Il faut en effet savoir que le volley va encore subir des retouches et des aménagements dans un avenir plus ou moins proche. J’ai dèjà eu l’occasion de vous évoquer comment la FIVB envisage, avec l’assistance et l’expertise de la société IMG, de s’y prendre pour que le volley se gagne de nouveaux fans et devienne de plus en plus grand public, c’est-à-dire aussi bien consommable par les yeux que praticable par la tête et les jambes. Dans cette perspective, la prochaine grande réforme portera sur la durée et le nombre de sets et, pour qui connaît le tennis de table, il est à prévoir que le schéma des rencontres de volley-ball de demain ou d’après-demain ressemblera beaucoup à celui qu’a adopté pour ses rencontres (inter)nationales ce sport qui, hautement populaire en Asie, cherche, lui aussi, un accroissement de sa notoriété et de ses revenus via un développement de sa visibilité médiatique.

Faut-il s’alarmer pour autant ? Je ne le pense pas quand on sait que l’avenir ne se trace jamais d’un seul trait et d’une seule main et, surtout, quand on garde à l’esprit cette “pensée” de San-Antonio qui aimait à dire que “qui se préoccupe du futur ne vit plus au présent”.

Une chose est cependant certaine : le futur du volley se construit jour après jour, sans temps mort.

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