Les matches appelés “petites finales” d’une grande compétition ne sont pas toujours des plus passionnants tant, souvent, ils opposent des équipes qui sont déçues d’avoir raté la bonne marche qui menait à la grande finale et pour qui une troisième ou une quatrième place ne représente guère de différence. Ici, à Turin, ce ne fut pas le cas. En effet, les Américains et les Serbes ont livré grosse bataille pour obtenir la médaille de bronze ou, si l’on préfère, pour terminer ces championnats du monde à la troisième place.

Le tournant de ce match, qui avait vu les Serbes s’imposer sur le fil dans la première manche , 25-23, et les Américains réussir un gros score dans la deuxième, 17-25, se situa dans le final de la troisième manche. Celle-ci avait été particulièrement disputée et, si les Américains avaient pris la première moitié de ce set à leur compte et avaient compté jusqu’à 4 points d’avance, les Serbes, avec un Petric qui fit sur le terrain le même travail d’enfer que faisait le coach Grbic à chaque arrêt de jeu pour empêcher l’armada serbe de fléchir, se redressèrent magistralement dans la seconde partie, et ce, à un point tel qu’ils se ménagèrent trois balles de set d’affilée. Qu’ils ne purent exploiter car Anderson se faisait de plus en plus impérial au fil de la partie et, en particulier, en cette fin de set. A 26-25, les Américains sauvaient leur troisième balle de set et, après avoir ainsi égalisé, passaient en tête. Ils durent attendre leur cinquième balle de set avant de conclure 30-32. Les Serbes accusèrent le coup et les Américains, avec un excellent Christenson à la conduite du jeu et un Anderson qui tranformait quasi toutes ses interventions en points victorieux pour les siens, filèrent vers la victoire et la troisième place au palmarès de ces championnats mondiaux 2018.

Si on savait qui allait précéder les USA au classement, on ne savait évidemment pas dans quel ordre la Pologne, championne du monde sortante, et le Brésil, champion olympique en titre, allaient se départager. De fait, on fut vite fixé sur l’orientation de la partie. En effet, les Polonais entamèrent la rencontre sur les chapeaux de roue ou, plutôt, en se montrant monstrueux d’efficacité au block et particulièrement percutants en attaque.

L’équipe mise sur pied par Vital Heynen ressemblait à un véritable char d’assaut tant elle donnait l’impression d’être une machine capable tout à la fois de pilonner sans réplique possible les positions adverses et de parer, plus souvent que les Brésiliens ne le faisaient de leur côté, les assauts venant de Wallace, de Lipe ou de Lucas. A 5-5, par l’entremise de Kurek et de Drzyzka, la Pologne prit le commandement du marquoir et se détacha insensiblement pour mener 6-8 au premier TO technique, 13-16 au second et pour faire 16-20 et 17-21. A ce moment, Lipe réalisa deux aces et, dans la foulée, le Brésil se fit plus incisif au filet, 20-21. La partie gagna un peu plus en intensité encore quand, à 20-23, Isac et Ev Andro, deux connaissances de nos Red Dragons, parvinrent à ramener le Brésil à hauteur de la Pologne: 23-23. Après avoir laissé échapper trois balles de set, Kurek mit fin au suspense en réalisant un kill block parfait sur une attaque de Wallace: 26-28.

Les Polonais remontaient sur le terrain plus déterminés encore et l’on assista alors à un véritable feu d’artifice de tous les membres de l’équipe polonaise qui menait 4-8 au premier TO technique. Du côté brésilien, Dal Zotto multiplia les changements pour tenter d’endiguer la vague polonaise et, grâce à Douglas et Wallace, le Brésil gardait le contact: 13-16. Drzyska et Szalpuk se mettaient alors tout spécialement en évidence tandis que Kubiak réalisait un ace et faisait 16-20. A 17-21, Kurek recevait du fond du terrain une passe faite du poste 5 en manchette dos au filet et des trois mètres au poste 1 plantait un obus qui faisait 17-22. Fantastique.  Le score grimpa en escalier, point par point à tour de rôle, jusqu’au moment où, à 20-24, Kubiak mit fin au deuxième set.

Le troisième set vit un départ en trombe des Polonais qui, emmenés par Kurek, Szalpuk et Kubiak, se détachèrent rapidement : 3-8, 4-11. On pouvait penser alors que les carottes étaient cuites. Elles l’étaient mais pas encore tout à fait car les Brésiliens, parmi lesquels on retrouvait sur le terrain grande partie des joueurs qui avaient battu nos Red Dragons, se mirent, à partir de 7-15, à grignoter leur retard. Par l’entremise d’Ev Andro essentiellement, ils se rapprochèrent ainsi à 14-17. On sentait que les Polonais se mettaient à douter quelque peu tandis que, réalisant que leur salut passerait par des services violents, les Brésiliens tentaient le tout pour le tout de ce côté. Cela leur réussit assez bien puisque, grâce à Ev Andro toujours et avec Eder au service, ils parvinrent à revenir dans le dos des Polonais à 21-22. Toutefois, à la suite de deux erreurs commises par les deux joueurs brésiliens qui viennent d’être cités, les Polonais se ménageaient trois balles de match. Les Brésiliens en sauvèrent deux mais, à 23-24, Kurek mit dans une dernière attaque toute son envie d’amener son équipe à renouveler son titre de championne du monde et il y parvint: 23-25.

La Pologne restait ainsi pour quatre ans encore sur le toit du monde du volley-ball masculin. Félicitations à elle et à Vital Heynen qui aura brillamment réussi là un pari qui était loin d’être gagné d’avance quand il lui fut proposé de devenir le coach d’une équipe qui n’en était plus une tant elle n’était plus composée que de fortes individualités. Chapeau à lui.

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