Le monde du football belge a été plus que secoué au cours de ces dernières semaines. C’est le moins que l’on puisse dire après ce que la presse a rapporté de la vaste opération qui, menée le 10 octobre dernier par le Ministère de la Justice dans le corps du sport dit roi du pays, a entraîné vingt inculpations et neuf emprisonnements avec des chefs d’inculpation qui en disent long sur la nature plus que douteuse des griefs reprochés à toutes ces personnes concernées, “blanchiment d’argent” ou “organisation criminelle”.

Les moyens déployés pour faire la lumière sur ce scandale de grande dimension ont été à la mesure des besoins de l’enquête. Ainsi, il y a eu des perquisitions dans tous les clubs phares du pays – Anderlecht, FC Bruges, Standard…- et les recherches ont été faites dans toutes les directions quand l’on sait maintenant que les personnes interrogées et/ou emprisonnées émanent d’un monde qui, fait de dirigeants de club et d’ entraîneurs en passant par des joueurs, des arbitres (et pas n’importe lesquels) et certains journalistes, est articulé par ces fameux “agents” qui ne manquent pas d’apparaître comme étant en quelque sorte les “parrains” de ce réseau mafieux. Si le choc de cette “découverte” a été terrible pour beaucoup dans la mesure où il a pu déranger leur petit confort d’esprit, on ne peut que se féliciter de ces coups de filet et de cette détermination de notre Ministère de la Justice à porter ainsi le glaive dans ces pratiques qui transformaient le football en un « milieu » où les règles de bonne conduite sont, en interne, à ce point bafouées qu’elles ne pouvaient que dégager des odeurs d’argent sale et faire naître des images de sport truqué.

Cela étant, il y a lieu de se réjouir également de voir, depuis ce grand remue-ménage, bon nombre de propositions fleurir ici et là, c’est-à-dire au coeur même du monde du football, pour tenter de réduire, ou à tout le moins de mieux “cadrer”, l’influence de ces personnages incontournables que sont devenus les “agents de joueurs”. L’effort ne peut être que salutaire pour la bonne santé morale et financière du football.

A cet égard, l’entreprise méritera d’être suivie avec grande attention partout et par tou(te)s.

En effet, il ne faut pas s’y tromper. Même s’il faut se garder de généraliser et de jeter l’opprobre sur tous les agents de sportives et de sportifs professionnels, il faut bien réaliser que, dans tous les sports à haut degré de médiatisation, les agents se trouvent aujourd’hui imbriqués dans tous les rouages du sport irrigué par l’argent et sont ainsi mêlés à toutes les transactions de transfert et ou de signature de contrats.

Notre sport n’échappe donc pas à la règle même si, je le répète bien, les agents en activité dans le volley-ball (inter)national ne sont pas du tout à comparer avec les agents belges de football aujourd’hui en prison. C’est d’ailleurs bien pourquoi il est intéressant de relever que, bien avant que n’éclate le scandale évoqué ci-dessus, la Belgique a, dans le monde du volley-ball, pris l’initiative, par le truchement de l’EuroMillions Volley League et non pas de Volley Belgium qui est très loin de s’intéresser à ce genre de problématique, de créer la Volleyball Leagues Association, une association qui réunit plusieurs des principales Ligues du continent européen et qui s’occupe entre autres points de ces questions de contrat. La VLA est ainsi devenue, en peu de temps d’ailleurs, une interlocutrice écoutée des Autorités de la Commission européenne pour tout ce qui a trait à ces conditions d’engagement et de clauses de liberté des joueuses et des joueurs.

Quand on sait par ailleurs qu’il suffirait sans doute qu’un club intente un jour une action devant les tribunaux pour que partie du « système » aujourd’hui en place en matière de droits perçus par la Fédération Internationale de Volley-Ball et par la Confédération Européenne de Volley-Ball pour tout transfert international s’effondre comme château de cartes sous l’effet d’un grand coup de vent, on peut voir là, comme dans d’autres lieux de vie, qu’il y a matière à méditer et à s’inspirer, à la lumière du regard de Bill Brandt, de cette réflexion exprimée par Albert Camus dans La Peste : « Pour le moment, il voulait faire comme tous ceux qui avaient l’air de croire, autour de lui, que la peste peut venir et repartir sans que le coeur des hommes en soit changé. ».

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