Suite au scandale du footballgate qui a vu plus d’une dizaine de personnes être inculpées pour des motifs plus qu’accablants (participation à organisation criminelle, corruption privée, blanchiment d’argent), le monde du sport se trouve exposé à des mesures de « redressement » qui concerneront tout autant le monde du football que celui des autres sports qui n’ont cependant pas le même train de vie que ce dernier.

Depuis une quarantaine d’années, les sportifs professionnels et les clubs qui les emploient disposent de facilités diverses tant en matière de fiscalité directe qu’en matière de charges sociales, et ce, au prétexte qu’ils n’ont pas une longue professionnelle et aussi parce que le sport de haute représentation au niveau des clubs n’est guère soutenu dans notre pays pour ne pas dire qu’il ne l’est quasi plus à l’exception des principaux clubs de football.

Ce sont ces facilités et autre avantages par défaut que partie du monde politique, qui ne peut plus faire mine de couvrir d’une manière ou d’une autre les pratiques de type criminel du monde du football, se propose de réduire à rien, sinon de les « cadrer » d’une manière telle que les finances des clubs employeurs de personnes ayant un statut de joueurs (ou de joueuses) professionnel(le)s se trouveraient durement affectées .

Philippe Boone, Président de la Ligue des clubs évoluant au plus haut niveau de la compétition nationale masculine, est depuis un petit bout de temps déjà impliqué dans les discussions qui, au niveau du Comité Paritaire du Sport en Belgique comme avec les Autorités de la Commission européenne au niveau européen, touchent aux conditions devant faire partie de conventions liant les employeurs, les représentants du monde du travail et les décideurs politiques.

Au moment où ce qui avait été mis en place, et qui était plus ou moins bien respecté par tous les clubs de la Ligue en matière de nombre de contrats de travail par club, risque d’être plus que mis en cause, Philippe Boone est monté au créneau et a fait entendre le point de vue des clubs concernés par toute cette problématique de l’agencement de nouvelles relations entre le monde du sport rémunéré et celui des finances publiques.

Je vous livre ci-après le communiqué qu’il a fait paraître il y a deux jours à ce propos, un communiqué dont le contenu et ses extensions devraient faire tout prochainement l’objet d’un caucus où Philippe Boone se retrouvera en compagnie des Présidents des deux entités, Volley Vlaanderen et la Fédération de Volley Wallonie-Bruxelles, et du Président de Volley Belgium, qui est l’addition des deux précitées.

Affaire à suivre donc.

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Les mesures de soutien social et fiscal sont cruciales pour les clubs de volleyball

Les clubs sportifs bénéficient d’avantages sociaux et fiscaux depuis des années.

Il s’agit de taux spécifiques pour le calcul de l’ONSS (depuis 1978) et du Précompte Professionnel  (depuis 2007). Ces mesures ont été prises pour donner plus de possibilités aux joueurs belges et permettre aux clubs d’investir davantage dans les jeunes talents.

On parle de 140 millions d’euro par an pour l’ensemble du secteur sportif.

Philippe Boone, président de la Ligue Belge de Volleyball, a calculé qu’il s’agissait d’une économie annuelle de 600 000 euro pour les 10 clubs de la ligue (0,43% du montant total).

Cela représente moins de la moitié de ce qu’un seul club français de volleyball reçoit annuellement comme aide directe (le club de Tours reçoit des subsides pour un montant d’1,45 million d’euro) et moins d’un cinquième de ce qu’un club turc ou russe reçoit d’une entreprise publique.

Notre marché est en outre dix fois plus petit que celui de nos principaux concurrents en matière de sponsoring, et les droits de retransmission télévisée pour le volleyball sont inexistants.

Néanmoins, nos clubs belges occupent la 5ème place du classement européen (devant l’Allemagne et la Pologne, loin devant les Pays-Bas et l’Espagne, respectivement 15ème et 21ème).

En Flandre, les clubs de volleyball ne reçoivent plus aucune aide financière des autorités régionales et provinciales depuis deux ans. L’équipe nationale reçoit des subventions, mais ce sont les clubs qui continuent de payer les salaires de leurs joueurs quand ils sont appelés.

« Nous devons veiller à ce que le soutien que nous apportons au sport soit utilisé correctement », a déclaré le ministre Kris PEETERS, rejoint en cela par la ministre DE BLOCK, qui attend un signal clair du secteur et du ministre flamand des Sports, Philippe MUYTERS, qui affirme à juste titre que l’aide aux clubs ne peut être maintenue « que si le sport s’inscrit dans une démarche d’ouverture et d’honnêteté ».

La Ligue de Volley souhaite apporter les réponses appropriées à ces demandes.

« En tant qu’organisation professionnelle représentant les employeurs, nous menons depuis deux ans un dialogue social intensif avec les représentants des travailleurs « , a déclaré Boone. « Récemment, une convention collective de travail a été signée (CCT), qui fait de la Belgique un exemple dans le volleyball européen », ajoute Boone en tant que président de l’Association des Ligues de Volleyball (qui comprend également l’Italie, l’Allemagne, la France, la Pologne et la Grèce).

L’harmonisation des contrats des joueurs, les règles de transfert et la position des agents de joueurs sont également à l’ordre du jour de la consultation sociale.

Cette convention collective de travail ne vise certes pas à payer davantage les joueurs de volleyball (bien que Boone affirme qu’ils le mériteraient au vu des performances exceptionnelles que nous attendons d’eux), mais à fixer des conditions minimales axées sur le bien-être des joueurs. Il y a à peine 56 joueurs au niveau de la Ligue qui ont un contrat de sportif rémunéré (dont 6 en Wallonie pour le seul club de Waremme), avec un salaire brut minimum mensuel de 850 euro (1 700 euro brut pour un plein temps). Les autres sont des amateurs.

Sur les 122 joueurs, il y a 81 Belges et 52 jeunes talents. Grâce aux 600 000 euro d’économies réalisées sur l’ONSS et le Précompte, nous pouvons garder les joueurs belges (plus longtemps) en Belgique et les jeunes talents ont la possibilité de se développer dans un environnement plus professionnel avec plus de temps de jeu au haut niveau.

Boone précise que ces 600 000 euro ne signifient pas moins de revenus pour l’Etat, car sans cela, les clubs ne disposeraient pas du budget nécessaire pour continuer à verser un salaire très modéré à leurs joueurs.

Sous le signe de la bonne gouvernance, la Ligue de Volley a attiré des administrateurs externes pour surveiller les aspects de la législation sociale, prendre des initiatives en matière de responsabilité sociétale et pour représenter les joueurs.

Un comité des licences indépendant, auquel participent des experts tels que EY et Group S, surveille les critères extra sportifs.

Au sein du Comité Paritaire du Sport, la Ligue collabore avec tous les acteurs et participe activement à la professionnalisation du volleyball et du sport en général dans le contexte de la législation sociale.

Boone veut faire appel à nouveau au ministre des Sports Philippe MUYTERS pour qu’il plaide en faveur de la préservation des mesures de soutien et de l’élaboration d’un système de CLEARING HOUSE afin d’optimaliser l’utilisation de la récupération des 80% du Précompte Professionnel dans les clubs de la Ligue. À l’instar du projet BLUE TALENT TEAM au sein du club phare de Roulers. Comme il n’y a aucune raison objective pour que le volleyball ne se développe pas à Bruxelles et en Wallonie comme il s’est développé en Flandre, le président de la Ligue espère que le ministre francophone des Sports, Rachid MADRANE, soutiendra la mise en place de bonnes pratiques dans les clubs du top en Communauté française.

 

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