Quelle mascarade ! Quelle tentative de tromperie ! Charles Michel joue aujourd’hui l’effarouché alors qu’il est impensable qu’il n’ait pas été informé, directement ou à tout le moins par les personnes qui sont chargées d’être ses relais au sein de l’entreprise publique, du plan concocté par Dominique Leroy, la CEO de Proximus.

Qu’il n’ait pas prêté attention à ce qui lui a été rapporté est chose encore compréhensible vu que, ces dernières semaines, il a été plus qu’occupé par la tentative de sauvetage de son gouvernement mais qu’il essaie de faire croire que cette nouvelle ne lui est ainsi parvenue qu’à la veille ou le jour même du conseil d’administration convoqué pour entériner les mesures de licenciement qui ont fait les gros titres de tous les journaux n’est pas sérieux. Cette attitude est d’autant plus choquante que, si cela s’était bien passé ainsi, cela serait de nature à démontrer qu’il y aurait plus qu’un problème de bonne liaison, sinon de bon fonctionnement, entre le gouvernement et l’une des principales entreprises publiques du pays.

Si, à présent, il devait être démontré que le Premier Ministre a été informé plus avant de ce plan de licenciement, la responsabilité de ce dernier n’en serait que plus grande encore. Elle le serait à un tel point que, si le gouvernement marchait toujours bien sur ses deux jambes, il y aurait sans doute lieu de réclamer la démission de son premier pilote.

Pour ma part, je trouve que ce qu’il y a de plus heurtant encore est que l’on veuille faire aujourd’hui procès à la CEO de Proximus alors que le principal fautif dans cette affaire est ce petit valet des entreprises privées qu’est Alexander De Croo qui a cru opportun de faire en sorte que soit accentuée la concurrence dans les télécoms, c’est-à-dire « d’ouvrir le marché » à un quatrième opérateur alors que la bataille est déjà rude entre l’opérateur public et les deux autres entreprises privés que sont Telenet et Orange. En ce faisant, le gouvernement a, même s’il s’en défendra bien évidemment ne serait-ce que pour tenter de ne pas se retrouver mis dans le coin, précipité ce phénomène de délestement des effectifs qui était déjà écrit dans les hauts étages de la Tour Proximus quand on sait que les coûts de personnel sont deux fois plus élevés chez Proximus qu’ils ne le sont chez ses concurrents directs.

Comment cette affaire, qui a éclaté à la figure de tout le monde sans crier gare, va-t-elle se terminer ? Licenciements, il y aura. Seront-ils aussi nombreux que ceux qui ont été annoncés? Se trouveront-il plus ou moins compensés par les nouveaux engagements que l’entreprise publique se propose d’effectuer dans le courant des trois années à venir ?

La réponse à ces questions dépendra des discussions qu’ont eues et qu’auront sans doute encore Dominique Leroy, la CEO de Proximus, et les trois membres du gouvernement concernés au premier chef par leur dénouement, Charles Michel, Kris Peeters et le nouveau Ministre des Télécoms, Philippe De Backer qui doit se demander aujourd’hui s’il a eu de la chance quand, il y a un mois, il a hérité du maroquin d’Alexander De Croo.

Affaire à suivre donc. De très près tant cette affaire est plus importante encore qu’il n’y paraît à première vue si l’on voulait bien la considérer pour ce qu’elle pourrait être, une affaire qui, à la veille d’importantes élections, permettrait de mieux préciser et, surtout, de mieux défendre le rôle que devraient continuer à tenir les entreprises à caractère public dans notre économie de marché.kroll leroy

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