Dans son éditorial du jour, le journal «L’Echo» met en lumière la situation plus que paradoxale dans laquelle l’économie mondiale se trouve pour l’heure. En effet, nous avons d’un côté des chiffres et des déclarations faites par les plus hautes autorités des principales Banques centrales de la planète qui indiquent très clairement que la croissance économique est plus qu’en veilleuse et d’un autre côté des chiffres d’une autre nature qui montrent que les marchés boursiers connaissent la grande forme.

Comment expliquer cette apparente contradiction entre un état assez dépressif de l’économie mondiale et cette forme d’euphorie affichée par les tenants des moyens financiers qui irriguent cette dernière ? Philippe Galloy, l’auteur de l’éditorial que vous trouverez ci-après, nous livre une réponse, celle qui apparaît à première vue la plus plausible ou, à tout le moins, la plus facilement perceptible. Quelle est-elle selon lui ?

Le monde des actionnaires n’est pas (trop) inquiet de l’état de la conjoncture économique actuelle à raison même du fait que les dirigeants des plus grandes banques centrales de la planète se montrent plus que solidaires de leur cause en annonçant qu’ils ont pris ou vont prendre toute une série de mesures destinées à soutenir, via les banques, la machine de production et à permettre ainsi à ceux qui en sont les propriétaires, en partie du moins, de pouvoir continuer de toucher leurs dividendes.

Quand on lit cela, il y a vraiment de quoi se demander si ces mêmes dirigeants, qui n’ont de comptes à rendre à aucune autorité supérieure si ce n’est peut-être en Chine, n’ont pas déjà oublié la crise de l’économie mondiale que tous les pays de la planète ont, à partir de 2007, ont été amenés à traverser, et n’ont pas fini de surmonter, quand tout le secteur bancaire mondial fut plus que secoué par la crise des subprimes.

Quand donc le monde des banques cessera-t-il de jouer à la roulette russe avec les avoirs de toute la planète ?

Jean-Pierre Brouhon

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Meilleur début d’année du Bel 20 depuis 1997

On pourrait se demander pourquoi les marchés boursiers sont aussi en forme en ce début d’année, alors que les indicateurs conjoncturels récents confirment que la croissance économique ralentit fortement. Comment expliquer qu’après le pire mois de décembre de l’histoire du Bel 20, l’indice vedette de la Bourse de Bruxelles se soit offert une envolée de plus de 7,5% en janvier, ce qui n’était plus arrivé depuis plus de vingt ans? Comment justifier qu’en pleine incertitude sur le Brexit, en plein doute sur la stabilité politique en zone euro et en pleine guerre commerciale entre les plus grandes puissances économiques mondiales, les actions des grandes entreprises européennes aient progressé de plus de 5% au cours du mois écoulé?

La réponse se trouve peut-être dans les récentes déclarations des principaux banquiers centraux de la planète. Mercredi, la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis, a renoncé à ses intentions de relever progressivement ses taux d’intérêt à l’avenir et a même envisagé de réduire son bilan moins drastiquement que prévu. La semaine dernière, la Banque centrale européenne a évoqué des perspectives désormais orientées à la baisse pour la croissance économique en zone euro. Son président Mario Draghi a dû rappeler que plusieurs instruments étaient à sa disposition en cas de poursuite de la dégradation de la conjoncture. En Chine, les autorités monétaires ne cessent de réduire le niveau des réserves obligatoires des banques pour soutenir la deuxième économie mondiale.

Autrement dit, on se situe à un tournant des politiques monétaires. Après la crise bancaire, la crise financière et la crise de la dette, les banques centrales avaient progressivement réduit leurs mesures de soutien à l’économie. À présent, elles semblent promettre de leur en fournir à nouveau si nécessaire. Il reste à voir si ce possible retour de la perfusion monétaire sera suffisant pour éviter une dégradation économique due en bonne partie à des choix politiques catastrophiques tels que le Brexit et le protectionnisme à la Trump.

Philippe Galloy

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