Je voudrais revenir sur un sujet que j’ai déjà abordé ici il y a quelques semaines. Ce sujet est celui qui a trait aux conséquences que le « footballgate » va entraîner sur le sport professionnel en Belgique. Et, par conséquent, sur les quelques clubs de volley-ball qui font partie de ce monde du sport professionnel belge.

A cet égard, le journal « Le Soir » consacre ce mercredi 6 février l’équivalent d’une page pleine à la question suivante « Faut-il revoir les avantages fiscaux et sociaux des footballeurs ? ». Le titre se veut, de toute évidence, plus que provocateur. En effet, pour ne prendre qu’un exemple de la disproportion de traitement dont bénéficie le footballeur professionnel par rapport à un salarié lambda, il est bon de savoir, avant d’aborder plus avant ladite question, qu’un footballeur de D1A, dont le salaire moyen est de 28.333 € brut par mois, ne paie en fait que 855 € d’ONSS contre 3.703 € pour le salarié lambda. Pour ce qui concerne le précompte de ce même joueur, le club qui est son employeur n’aura de charges à payer que sur 20% du salaire, les 80% exonérés devant être affectés à la formation des jeunes (ce qui est loin d’être le cas tant les contrôles sont plus que réduits).

Ce « système », mis ainsi en place à la suite de multiples concessions faites dans le passé au monde du football, heurte encore plus le sens de l’équité fiscale quand on sait qu’un footballeur gagnant 100.000 € par mois paiera en fait également 855 € d’ONSS étant donné que la règle aujourd’hui en cours, pour les professionnels du football comme pour ceux des autres sports, veut que le plafond du salaire mensuel pour tous les sportifs professionnels a été fixé à 2.326 €.

Comme je vous le disais dans l’article précédent, le monde politique a été rendu sensible à cette problématique « des avantages sociaux et fiscaux » à la suite du « footballgate » et il a lancé, en liaison avec différents dirigeants du monde sportif, des travaux de réflexion pour savoir comment établir un nouveau système de prélèvements de charges, tant celles concernant l’ONSS que celles relatives au précompte, sur les salaires des joueurs professionnels.

Arriver à un accord ne sera pas mince affaire. En effet, les problèmes des clubs de football, qui ont à faire face à de grosses masses salariales et qui aujourd’hui ne paient que peu par rapport à ce qu’ils devraient si n’avait pas été mis le système ci-avant évoqué, ne sont pas du tout les mêmes que  ceux des clubs des autres disciplines sportives, tant il est vrai que ceux-ci paient déjà beaucoup plus que les clubs de football étant donné qu’ils ne sont pas nombreux à être bénéficiaires de la mesure dite du salaire plafonné à 2.326 € d’une part et que toute hausse des taux de prélèvement leur serait grandement préjudiciable vu la modicité de leurs moyens financiers d’autre part.

Comme bien l’on s’en doute, la Pro League de football avance à pas feutrés dans cette négociation et cherche à préserver au maximum le « système » en vigueur tout en acceptant cependant l’idée que le plafond du salaire ficitif serait doublé. Toutefois, à bien étudier cette proposition, il apparaît rapidement qu’elle n’est qu’un grand écran de fumée dans la mesure où les gros salaires ne se trouveraient que très peu affectés par ce relèvement du plafond.

Quant aux points de vue des autres fédérations, l’article n’en parle guère. S’il permet d’apprendre que le cyclisme serait en phase avec la Pro League de football, donnant ainsi raison à l’adage qui dit que qui se ressemble s’assemble, il fait également état de la proposition émise par le volley-ball, autrement dit par Philippe Boone qui est normalement et très bien à sa place dans ces négociations en tant que Président de l’EuroMillions Volley League.

Que suggère Philippe Boone ? Au nom des difficultés financières que rencontrent plusieurs des dix clubs de la Ligue à honorer les charges sociales qui sont (ou devraient être) les leurs en fonction du nombre minimum de joueurs professionnels qu’ils sont tenus d’avoir en leurs rangs, Philippe Boone suggère une mesure qui serait plus que libératoire pour le volley-ball comme pour les autres sports qui ne parlent pas régulièrement en termes de gros budgets. En effet, il préconise que les salaires inférieurs au plafond à partir duquel les clubs ne sont plus taxés aujourd’hui en matière d’ONSS soient désormais exonérés de charges d’ONSS et que celles-ci ne concernent plus à l’avenir que les salaires mensuels des joueurs professionnels supérieurs à 2.326 €.

Comme il est permis de le constater, la mesure préconisée ne va pas dans le même sens que celle de la Pro League de football. Par son audace et son originalité, elle aurait sans conteste mérité un plus large développement de la part de Philippe Dewitte, l’auteur de cette intéressante plongée dans les eaux profondes du « Sport belge et de l’Argent » . Il reste dès lors à espérer  que cette proposition, qui aurait semble-t-il reçu l’appui d’autres fédérations semblables à la nôtre, sera plus largement couverte lors d’un prochain article.

Je m’en réjouis déjà.

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