La direction de l’EuroMillions Volley League tient réunion ce mercredi soir. Il s’agit là d’une réunion plus qu’importante dans la mesure même où elle sera toute consacrée à l’examen de la décision qui, arrêtée jeudi dernier par le Conseil d’Administration de Volley Belgium, permettra en fait aux clubs appelés à évoluer au niveau de l’EuroMillions Volley League de le faire la saison prochaine sans tenir compte des conditions fixées par ladite EuroMillions Volley League. Vous trouverez ici la première réaction parue dans la presse à ce sujet

https://kw.knack.be/west-vlaanderen/sport/volleybal/clubs-zonder-licentievoorwaarden-kunnen-volgend-seizoen-toch-spelen-in-hoogste-reeks-mannenvolleybal/article-normal-366643.html?fbclid=IwAR3KKV8UU26kuZ0NmlEpF7GTY3hL5GPzedARzlirkgXamsh59ynJhmQNRUs

De quoi s’agit-il ?

Pour appréhender au mieux cette question, quatre points de jalonnement s’imposent.

1°) depuis la nuit des temps pourrait-on écrire, les clubs de la division supérieure de la compétition nationale ont cherché à pouvoir disposer d’un certain pouvoir d’orientation sur la matière qui les concerne au premier chef, la compétition et ses conditions de participation. Après des années et des années de palabres, un accord fut finalement trouvé sous la présidence de Philippe Berben il y a une bonne vingtaine d’années. C’est ainsi que furent créées deux commissions, l’une pour les dames et l’autre pour les messieurs, au sein desquelles chaque partie avait pouvoir d’intervention sur certains aspects de la conduite de leur championnat d’une part et sur la mise à disposition de nos deux équipes nationales des meilleurs joueurs/meilleures joueuses des principaux clubs de la Fédération d’autre part.

2°) ce type de gentlemen’s agreement évolua avec le temps et avec la modification de certaines données : calendrier international mieux tracé même s’il s’est fait plus débordant sur l’espace temps réservé aux calendriers nationaux, de plus en plus de joueurs/joueuses belges évoluent à l’étranger, succès de plus en plus significatifs de nos équipes nationales et montée en puissance de quelques clubs qui, surtout chez les hommes, réalisent de tels résultats que la Belgique occupait la saison passée la cinquième place au classement des compétitions mises sur pied par la Confédération Européenne de Volley-Ball. Il évolua plus encore quand, sous la conduite de Philippe Boone et de Marc Spaenjers, la ligue des messieurs parvint à nouer un beau contrat de partenariat avec la Loterie Nationale, contrat qui lui permit de se faire de plus en plus « conductrice » des opérations en matière de définition du championnat et de gestion de conditions posées aux clubs pour avoir accès à différents avantages d’ordre financier et promotionnel.

3°) Cette relation de type binaire entre direction de la Fédération Royale Belge de Volley-Ball et celle de la Ligue, chaque partie étant elle-même composée de multiples sous-ensembles, reçut un très gros coup dans l’aile quand, il y a deux ans, la Ligue monta au créneau pour dénoncer un changement de calendrier au niveau du Final 2 que la Fédération avait opéré en cours de saison pour donner satisfaction à l’entraîneur des Red Dragons qui souhaitait voir son équipe à participer à un tournoi en France. Le différend fut grand et a atteint son paroxysme quand la Ligue crut bon d’intenter un procès à la Fédération. Les conséquences de cette estocade, qui fut d’autant plus malencontreuse qu’elle fut perdue par la Ligue devant les tribunaux, furent très lourdes pour la Ligue qui perdit alors pas mal de ce qu’elle avait acquis comme importance et influence au niveau du Conseil d’Administration de la FRBVB. De fait, il fallut plusieurs mois de rabibochage et de sérieuses négociations menées sous le contrôle du Ministre des sports de la Communauté flamande, Philippe Muyters, avant que puisse être signé, en juillet 2018, un protocole d’accord fixant, sinon la pax amicitia, les attributions de chacun dans un cadre au sein duquel les relations de confiance étaient établies sur la base d’un échange de bons procédés. Vous trouverez ci-après le communiqué qui avait célébré, en termes quelque peu forcés, cette armistice des braves.

http://www.frbvb.be/geen-categorie-fr/accord-entre-volley-belgium-et-la-ligue-belge-de-volley-ball/

4°) La période qui a suivi cette mise en terre de la hache de guerre est toute récente et est toute menue puisqu’elle n’a pas un an d’existence. Elle fut essentiellement marquée par trois faits marquants.

A. Le premier est la décision prise par Volley Belgium de modifier le règlement concernant la montée des clubs de Ligue B vers la Ligue A pour ce qui concerne l’équipe championne de Ligue B. En effet, alors que, les années précédentes, cette montée était relativement aléatoire tant elle dépendait de différents critères dont certains étaient établis par l’EuroMillions Volley League, la montée fut rendue quasi obligatoire puisque sous le point 3.6.2.2 du règlement de la présente compétition, il fut très clairement stipulé que « le champion de la LIGUE B montera en LIGUE A ». Cette obligation fut loin de rencontrer l’enthousiasme au sein des clubs de la Ligue B qui laissèrent entendre haut et clair qu’ils n’étaient pas prêts à faire le saut à l’étage supérieur tant ils ne s’estimaient pas suffisamment armés pour répondre aux conditions existantes à ce niveau de la compétition (voir ici un article publié tout récemment par Volley Magazine, le périodique de Volley Vlaanderen :

http://volleymagazine.be/2019/03/19/vijf-liga-b-clubs-willen-de-titel-maar-promotie-ho-maar/ ) .

B Le deuxième fait marquant trouve place dans les travaux de la commission consultative de travail relative au secteur sportif dans lequel le volley-ball est représenté par le monde des clubs évoluant au niveau de la Ligue A Messieurs.. Comme toute convention collective, celle qui concerne le volley-ball où quasi la totalité des joueurs sont rémunérés (même si cela est fait de très « différentes manières ») règle les droits et devoirs des parties contractantes et, à cet égard, il est apparu que plusieurs des clubs de l’EuroMillions Volley League étaient « en délicatesse » avec les conditions imparties à tout club employeur de joueurs de ce niveau. D’où les conditions annoncées il n’y a pas longtemps par les dirigeants de l’EuroMillions Volley League de voir, lors de la prochaine saison, tous les clubs avoir un minimum de 4 joueurs sous statut de joueur semi-professionnel (c’est-à-dire gagnant au minimum 10.200 €/par an). Les dirigeants de la Ligue firent ainsi connaître cette prise de position après délibération faite avec tous les clubs et décision adoptée en leur CA (où le Président de Volley Belgium est invité).

C. Le troisième fait marquant est que deux ou trois des 10 clubs de l’actuelle EuroMillions Volley League traînent sérieusement la patte au plan financier et que l’un d’entre eux, Amigos Zoersel, a fait savoir qu’il renoncerait à aligner son équipe fanion Messieurs dans la compétition de l’EuroMillions Volley League de la prochaine saison (et qu’il ferait d’ailleurs de même avec son équipe fanion Dames dans le cadre de la compétition de la Ligue A Dames).

Cette mise en situation étant ainsi posée, demeure la question qui consiste à se demander ce qui, il y a une semaine, a pu amener les huit membres du Conseil de Volley Belgium à passer outre le travail considérable qu’ont effectué au cours des derniers mois les responsables de l’EuroMillions Volley League pour protéger au mieux les intérêts des clubs de l’élite de notre compétition et tout le crédit du monde du volley-ball là où il est question de respect de normes salariales et d’établissement d’accords entre partenaires sociaux. Peur pour certains de faire marche arrière en ce qui concerne la montée en Ligue A et d’entrer en conflit avec les clubs qui n’ont aucune volonté d’affronter des mers dont les vagues sont trop grosses pour leur embarcation ? Souci pour d’autres de voler au secours d’un club pour qui un contrat de semi-professionnel est un vilain mot qu’il voudrait voir évacuer du dictionnaire des dirigeants du volley-ball de haut niveau ? Coup porté par d’aucuns pour tenter de réduire, sinon pour déchirer, la voilure de l’EuroMillions Volley League à un moment où celle-ci occupe une place non négligeable dans les milieux qui discutent actuellement des conditions qui seront imposées demain aux sportifs professionnels et à leurs employeurs en matière de fiscalité et de charges sociales?

Quoi qu’il en soit, le fait est là, Volley Belgium a, comme vous pourrez le lire ci-après, décidé d’apporter une « bulle d’air » pour les clubs de la Ligue A Messieurs.

L’expression se veut jolie mais elle est, de fait, à l’image de l’opération qui a été menée. Dangereuse et regrettable tant on sait quelles peuvent être les conséquences redoutables d’une bulle d’air lors d’une perfusion, d’une transfusion ou d’une injection thérapeutique

Reste à attendre dès lors quelle sera la réaction de l’EuroMillions Volley League et de ses clubs à la suite de ce qui ne manquerait pas d’apparaître à qui regarderait ce tableau à la manière de Sirius comme un méchant coup de dague porté par Volley Belgium dans cet accord du mois de juillet 2018. Un accord dont l’encre n’a même pas encore eu le temps de sécher…

http://www.frbvb.be/geen-categorie-fr/une-bulle-dair-pour-les-clubs-de-la-ligue-a-messieurs/

 

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