Il n’est donc pas dit qu’il suffit pas, lorsqu’on dispose d’une grande équipe, de pouvoir jouer devant son public et de pouvoir compter sur son soutien pour être en mesure de se qualifier pour la finale de l’Euro 2019. On aurait pu le penser après avoir vu les deux matches remportés coup sur coup, d’abord contre la Russie et ensuite contre la Pologne, par une équipe slovène complètement rendue hystérique par l’effet de ses spectateurs et par une rage de vaincre qui n’avait plus aucun rapport avec la joie que l’on peut éprouver d’avoir réalisé un point victorieux.

Malheureusement pour l’équipe de France mais heureusement pour le bon entendement du volley-ball, la Serbie a cassé à Paris, comme elle l’avait fait dans une autre et moindre mesure à Anvers, cette idée qui se faisait jour et qui donnait à estimer qu’il suffisait donc pour une des grandes équipes engagées dans cet Euro de jouer dans son pays pour la voir rejoindre la finale de cette compétition répartie au départ entre quatre nations organisatrices.

Ce vendredi soir, à Paris devant 12.500 spectateurs, la France, qui n’avait encore perdu aucun set jusqu’à présent, a chuté devant une formation serbe qui, comme contre l’Ukraine en quart de finale, a plié à divers moments de la partie mais s’est complètement retrouvée lors du tie-break, et ce, au point d’infliger un 15-7 sans pardon à des Tricolores alors complètement submergés.

La partie, arbitrée par notre compatriote Wim Cambré (qui semble avoir gagné du galon durant cet Euro), avait portant bien commencé pour les hommes de Laurent Tillie. Ceux-ci avaient immédiatement pris un bel avantage, 5-8 et avaient poursuivi sur leur lancée, 12-16 et 17-21 avant de fléchir quelque peu sans toutefois perdre le bénéfice de leur excellent départ. Le scénario de la deuxième manche fut complètement inversé. Les Serbes, qui n’avaient rien changé à la composition de leur six de base, se ménagèrent rapidement un petit écart à leur avantage, 8-6, avant de le creuser davantage 16-10. Ils conservèrent encore un temps cette belle avance 21-16 avant de voir les Français se faire plus entreprenants et surtout plus tranchants dans leurs attaques. Ngapeth et ses équipiers ne purent toutefois empêcher Petric et les siens de l’emporter 25-23.

Laurent Tillie remplaça alors LeGoff par Chinenyeze au centre et cela réussit bien à son team qui reprit le commandement des opérations par le biais d’un Ngapeth qui, sans avoir l’efficacité d’un Atanasijevic (auteur de 24 attaques gagnantes sur 38 effectuées) restait le pion le plus sollicité et le plus percutant des attaquants français. Les Tricolores menèrent ainsi 4-8 et 7-11 avant de se faire rejoindre, suite à quelques bévues d’une part et à une grosse pression des Serbe au filet, à 11-11. Les Français résistaient encore bien pendant queques instants en gardant la tête du marquoir jusqu’à 16-17 mais, toujours grâce à Atanasijevic et à un très bon jeu défensif, les Serbes alignaient quatre points d’affilée : 20-17. Le trou était fait et il n’allait jamais être comblé, 25-21.

Les Français, très chaudement soutenus par leur public, ne désarmèrent pas et connurent même leur meilleure période de jeu, toute l’équipe jouant comme un seul homme et dominant les Serbes qui donnaient l’impression d’avoir perdu le fil de leur ouvrage : 17-25. Le coach serbe, Kovac, rappela Petric sur le pont et, comme contre les Ukrainiens, ses hommes prirent un excellent départ dans cette manche décisive: 5-0. Les Français étaient désemparés tandis que les Serbes étaient superbes d’aisance et de maîtrise : 9-2. Laurent Tillie multiplia bien les changements mais les jeux étaient faits. La Serbie filait vers la victoire et l’accès à la finale.

Une finale où ils rencontreront des Slovènes dont on peut se demander comment ils se comporteront ce dimanche (à partir de 17h30) dans une salle qui ne sera plus acquise à leur entière dévotion et sur le terrain de laquelle ils ne pourront plus tout se permettre comme ce fut le cas à Ljubljana, tant face à la Russie que face à la Pologne.

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