Assemblée générale de la Fédération Belge de Volley-Ball en 1949 (Photo Mme Isralson)


A l’occasion de ce long week-end pascal, les cloches ont sonné à toute volée dans les cieux du volley-ball belge. Et les réactions ont été nombreuses au niveau du maillage informatique qui permet aujourd’hui à tout un chacun de se faire entendre à sa manière. Cela a commencé avec le communiqué de Guy Juwet, le Président de Volley Belgium.

Etant donné que vous pourrez prendre connaissance de cette “adresse à la famille du volley belge” en cliquant sur le lien qui suit, je commencerai par vous synthétiser les remarques qu’elle a suscitées chez bon nombre des dirigeants actifs au niveau des entités constitutives de la FVWB comme chez d’autres dirigeants de clubs bien connus au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


https://www.kbvbv.be/wp-content/uploads/2020/04/Website-Volley-belgium-covid-19-VS-10-04-FR-final-1.pdf


Le premier reproche qui est fait à ce communiqué est le caractère particulièrement contraire à la vérité du passage où il est dit que c’est “après consultation avec les dirigeants des différentes compétitions, avec les différents conseils d’administration de nos provinces (qui représentent directement les clubs et les membres), avec les représentants des officiels et bien d’autres qu’il a été décidé d’établir les classements définitifs sur base des classements du 11 mars pour les compétitions non-achevées, et sur base du classement de la compétition régulière pour les séries ayant des play-offs et des playdowns dans leur schéma de compétition”. En effet, jamais, les conseils d’administration des entités
provinciales et régionale n’ont été approchés dans le cadre de cette décision prise par le CA de Volley Belgium.

Le deuxième grief qui est fait à cette communication est qu’elle est trompeuse.

En effet, elle ne rend pas fidèlement compte de la position qu’avaient adoptée les membres du CA de la FVWB et qu’avaient rapportée les membres de la FVWB au sein du Ca de Volley Belgium en matière d’établissement des classements. A cet égard, il faut savoir que, compte tenu des circonstances exceptionnelles que nous connaissons, les administrateurs francophones ont toujours défendu l’idée qu’il n’y ait pas, au niveau des séries nationales comme à celui de la compétition régie par la FVWB, d’équipes descendantes à la fin de cette saison. Comme on le sait, cette prise de position n’a pas été retenue par le CA de Volley Belgium mais, comme le communiqué ne dit rien de cette “discussion”, qui ne pouvait tourner qu’à l’avantage des représentants de Volley Vlanderen en raison des “nouveaux statuts” de Volley Belgium qui font que les représentants de la FVWB sont toujours défaits dès lors que les représentants de Volley Vlaanderen ne sont pas d’accord avec eux, cette “omission” est évidemment faite pour donner à penser que toute la famille belge du volley-ball aurait parlé d’une seule voix en cette matière. Ce qui est très loin d’être le cas quand on sait qu’il y a pas mal d’équipes francophones qui se trouvent en passe de devoir descendre de niveau de compétition alors que, dans d’autres circonstances ou avec une autre interprétation donnée à ce qu’est au juste “le moment” de l’interruption de la compétition 2019-2020, elles ne seraient pas dans cette situation.

C’est ainsi que plusieurs réclamations de clubs sont déjà annoncées dont celle du club de Tchalou qui, en dépit d’un CA de Vollley Belgium spécialement organisé pour discuter de ce cas plus qu’ épineux, se trouve à présent obligé de suivre les chemins des voies judiciaires, si ce ne sont ceux des tribunaux, pour tenter d’obtenir le maintien de son équipe représentative en Ligue A.


La “bulle pascale” de Guy Juwet ne comprend cependant pas que des aspects prêtant à corrections ou à mises au point. En effet, en invitant tout un chacun à réfléchir “sur les évolutions actuelles de notre sport, sinon à remettre en question son « modèle sportif et commercial » afin d’en tirer les leçons pour notre fonctionnement futur”, le Président de Volley Belgium a ouvert une opportunité de discussion que Philippe Boone, Président de la Ligue Messieurs, n’a pas manqué de remarquer et de saisir à la vitesse de l’éclair.

Comment ? Bien à sa manière, c’est-à-dire sous la forme d’une espèce d’encyclique, ou supplique, qu’il a demandé à tout qui y souscrivait de diffuser et que vous trouverez au bas de cet article.


Ce texte est, comme vous le pourrez le lire, un double appel lancé à la Fédération. L’un pour avertir celle-ci que, pour la Ligue, il ne pourra pas y avoir place demain, à ce niveau de la compétition, pour les clubs qui ne seront pas en capacité d’être en règle avec la législation sociale. L’autre pour l’inviter à lui réserver une autre place dans le fonctionnement de “notre Volleyball, parce que, demain, ce ne sera plus le “business as usual” pour qui que ce soit”. Pour permettre à la Ligue d’être ainsi “(encore) plus impliquée en tant que partie prenante de l’écosystème du Volleyball Belge”.


En un mot, comme en cent, la Ligue appelle la Fédération à mieux prendre en considération les problèmes des clubs, des (pseudo) professionnels comme de ceux qui gravitent aux autres niveaux de la pyramide du volley-ball belge, et à mieux les intégrer dans son fonctionnement.


Comment Volley Belgium réceptionnera-t-elle ce genre de requête et celle-ci sera-t-elle la seule qui lui parviendra en dehors des multiples sollicitations que les clubs lui enverront, tout comme ceux-ci le feront également en direction des autres étages de la direction de notre discipline, pour obtenir des dégrèvements ou des reports de différentes charges financières?


Là est la véritable question qu’il s’agit de se poser dans le droit fil de cette invitation faite par Guy Juwet à remettre non seulement en question le « modèle sportif et commercial » de notre sport mais de le faire “en ces temps d’incertitude et de tranquillité sportive » afin de tirer de cette réflexion les leçons pour notre fonctionnement futur. “Et ce pour en sortir plus fort”.


Cela étant, oui, pourquoi la Fédération de Volley Wallonie-Bruxelles ne mettrait-elle pas à profit, elle aussi, cette pause pour repenser non seulement son architecture organique mais également son mode de fonctionnement, sa communication, sa relation avec les clubs et, plus que tout, sa place au sein de la fédération belge ? Cette fédération belge que, en 1945, des Bruxellois francophones ont créée et dans laquelle, aujourd’hui, la FVWB se trouve minorée et est quelque part en défaut par rapport à certaines dispositions décrétales de la Fédération Wallonie Bruxelles.


Les uns parlent de 1945 comme preuve évidente qu’une crise mondiale comme celle que nous connaissons peut conduire à un nouveau départ et à un nouvel avenir. Les autres évoquent cette même date pour nous faire part qu’ils sont animés d’une forte détermination et que le plan de relance sur lequel ils travaillent sera “un cercle vertueux dans lequel la solidarité est liée à la responsabilité et à l’utilité”. Les uns et les autres ont raison de le faire tant le moment s’y prête.


C’est pourquoi il est à espérer qu’il se trouvera bien, quelque part dans les recoins de nos
différentes Provinces comme du côté de la Capitale, des personnes de bon sens et d’intelligence pour porter, après échanges de vues et mise en forme de ces cogitations, des propositions qui devraient permettre au volley-ball francophone de retrouver plus de poids et meilleure assise d’une part et plus juste place d’autre part, là où, comme chacun(e) a pu parfaitement s’en rendre compte au cours de ces dernières semaines, se prennent les décisions qui concernent TOUS les membres de la fédération belge. Et, pour ce faire, en osant “risquer nos pas dans les chemins que nul n’a foulés, risquer notre tête dans les pensées que nul n’a pensées” comme on pouvait le lire sur certains murs il
y aura bientôt 52 ans. .


Oui, mettons à profit ce temps de confinement qui nous est “donné”, et qui sera sans doute plus long que d’aucuns l’imaginent, pour nous préparer à participer, avec ce même et bel idéal de nos Pères fondateurs (voir photo) qui visaient à faire “rayonner le volley-ball partout dans le pays”, à ces prochains grands rendez-vous dont Guy Juwet et Philippe Boone ont parlé.


Cette idée est-elle illusoire ? Non, certainement pas. Folle ? Encore moins. Envisageable, oui assurément.

Tant il est vrai que, comme l’a écrit Lamartine, “les utopies ne sont que des vérités
prématurées”

Jean-Pierre Brouhon

Michel Isralson échange, comme capitaine, le fanion de l’équipe belge participant à la première édition des championnats d’Europe disputés à Rome en 1948 (photo reçue de Mme Isralson, la fille de Michel, que je remercie du fond du coeur. _____________________________________________

Texte de la Ligue de Volley-ball Messieurs


TOUTE LA FAMILLE DE VOLLEY BALL DOIT ÊTRE SOLIDAIRE POUR SURMONTER LA CRISE


Je voudrais rebondir sur la communication du président de Volley Belgium.
La crise COVID-19 va déstabiliser l’économie mondiale et peut-être aussi remettre en cause notre modèle de société.
Le sport ne sera pas épargné.
Les sources de revenus sur lesquelles repose l’écosystème du sport (semi) professionnel risquent de diminuer de manière significative lors de la reconstruction. Et il est probable que le sport amateur soit contraint de s’autofinancer.


La Fédération, la Ligue et les Clubs (semi)pro devront s’organiser pour minimiser l’impact
économique de cette crise, qui se fera sentir à court et moyen terme.


Nous devons garder à l’esprit que les priorités du Gouvernement seront la santé, l’économie, l’emploi et le pouvoir d’achat, plutôt que le sport. Notre écosystème est porté par les clubs. Mais si on ne s’occupe pas de la vache, il n’y aura bientôt plus de lait.


La Fédération de Football a décidé d’annuler les trois derniers versements des cotisations dues par les clubs pour cette saison.
La cellule de crise, dans laquelle sont représentées toutes les entités du football belge (la Fédération, les ailes et la Pro League), souligne que toute la famille du football doit faire preuve de solidarité en ces temps difficiles. La saison prochaine, les cotisations et les frais d’inscription, ainsi que les frais des arbitres pourraient être réduits. La Ligue de volleyball exprime le même souhait.

Et apprenons également les leçons de cette crise.

Nous sommes convaincus que si nous voulons maintenir notre système de sécurité sociale, tout le monde doit jouer le jeu loyalement, particulièrement en matière de législation sociale. C’est pourquoi nous souhaitons que tous les payements douteux soient cloués au pilori. La procédure pour l’obtention de la licence sera plus importante que jamais : pour le fair-play financier et comme preuve de la viabilité des clubs.


Il nous faudra sans doute aussi mieux encadrer l’organisation de nos activités en matière
d’hygiène et de santé. Ce ne devrait pas rester une anecdote que, lors des demi-finales de la coupe de Flandre Occidentale, une mère positive au Covid 19, a accidentellement infecté des dizaines de personnes. Et cela ne vous aura pas échappé que, malgré les directives aux arbitres, personne ne s’est abstenu de poignées de main et d’accolades lors des deux derniers matchs de l’EML.


Le bien-être de nos joueurs, de nos fans et de tous les collaborateurs doit être au cœur de nos préoccupations. Quand pourrons-nous reprendre les entraînements professionnels ? Combien de temps nos joueurs ont-ils besoin pour revenir au niveau et quand les étrangers pourront-ils revenir? Quand les déplacements internationaux seront-ils autorisés pour nos clubs participant aux Coupes d’Europe? Quand le public sera-t-il de nouveau admis et quelles mesures de sécurité allons-nous mettre en œuvre?


Il convient donc de réfléchir au fonctionnement actuel de notre Volleyball. Parce que demain, ce ne sera plus le «business as usual» pour qui que ce soit.

Espérons que nous serons (encore) plus impliqués en tant que parties prenantes de l’écosystème du Volleyball Belge.
Quoi qu’il en soit, nous sommes convaincus que nos valeurs ne seront pas contaminées par le coronavirus et qu’elles contribueront à construire l’avenir avec enthousiasme.
Permettez-moi de les résumer:
• Respect et honnêteté.
• Travail d’équipe et EMPATHIE d’équipe.
• Prendre soin du BIEN-ÊTRE des joueurs.
• RESPONSABILITÉ FINANCIÈRE.
• INTÉGRITÉ de la compétition.
• COHÉSION dans la communauté locale et multigénérationnelle.

La Ligue belge de volleyball a réagi rapidement pour arrêter définitivement la compétition. Depuis lors, nous travaillons activement sur un PLAN DE RELANCE. Il doit être un cercle vertueux dans lequel la solidarité est liée à la responsabilité et à l’utilité.
Le Covid 19 est particulièrement dangereux pour les personnes vulnérables, tout comme pour les clubs qui étaient déjà en difficulté avant la crise corona. La Ligue aidera tous ses clubs à mettre en place un business modèle sain avec comme fondamentaux l’économie, l’emploi, les services et le divertissement pour les fans.


Je terminerai comme j’ai commencé, en reprenant la communication du Président de Volley Belgium.
C’est pendant la dernière guerre mondiale et grâce à un réseau de résistance que le Volleyball a été joué pour la première fois dans notre pays.
Après la guerre, la Fédération Belge a été fondée en 1945 à l’initiative de ces résistants, avec Roger MAZEAU comme premier Président.
Le volleyball s’est considérablement développé depuis lors.

C’est pourquoi notre PLAN DE RELANCE s’appelle MAZEAU.

Avril 2020, Philippe Boone, Président de la Ligue Belge de Volleyball

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