C’est ce mardi 1er juin qu’ a eu lieu la Commission Sports du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A cette occasion et entre autres intervenant(e)s, le député Dodrimont a posé une question à la Ministre des Sports sur une thématique qui n’est pas souvent abordée dans cette enceinte, ni dans les conseils d’administration des fédérations sportives, celle de l’accompagnement des sportives/sportifs aspirant à mener de front études (de haut niveau) et sport (de haut niveau). Je vous livre le compte-rendu qui a été fait de cet échange qui pourrait être éclairant pour quelques dirigeants de clubs soucieux de l’avenir de leurs ouailles…

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M. Philippe Dodrimont . – Je souhaiterais aborder une thématique rarement développée sous cet angle, à savoir l’accompagnement des sportifs et de leurs parents durant la carrière sportive. Je suis régulièrement interpellé par le comportement et la réaction disproportionnée de quelques jeunes sportifs dans certaines situations.

Je le suis encore davantage si je prends en compte la manière dont certains parents encadrent ces jeunes.

Certains jeunes choisissent une discipline sportive pour s’épanouir, se divertir sans aucune ambition; d’autres poursuivent des objectifs plus ambitieux et veulent faire de leur discipline leur carrière. Cela est tout à fait louable. Or, comme le dit l’adage, «beaucoup de candidats, peu d’élus»!
Quand un club choisit de se défaire d’un de ses sportifs, pour cause de blessures ou d’échecs, la réalité vient briser les rêves. Les parents misent énormément sur leur enfant qui s’investit dans une discipline sportive. Les enjeux et les pressions vécues par le jeune sportif sont difficiles à vivre.


Quand tout s’arrête, cela peut s’avérer extrêmement dangereux pour le mental du joueur et de ses parents. En toutes circonstances, un équilibre mental devrait rester essentiel, mais ce n’est pas toujours le cas. Annoncer une fin de collaboration n’est pas une mission aisée pour un responsable de club. Les propos peuvent être durs, les réactions vives. Les dirigeants de clubs ont parfois bien des difficultés à faire comprendre au joueur qu’il n’a pas le niveau
requis pour la place qu’il vise au sein d’une équipe.


Cela est encore plus difficilement compréhensible pour les parents.

Madame la Ministre, comment gérer au mieux cet aspect psychologique au sein des clubs? Ces derniers disposent-ils d’outils à cet effet? Une formation spécifique ne pourrait-elle pas être organisée pour ces responsables de clubs? Ne pourrait-on pas sensibiliser les jeunes qui évoluent à un niveau semi-professionnel ou professionnel à l’importance
d’avoir un double projet, à savoir l’investissement au sein de leur club avec en parallèle des études?
De la sorte, ils ne seraient pas démunis lorsque la compétition s’arrête. Quel accompagnement est envisageable pour ces jeunes et leurs parents? Faut-il laisser nos jeunes désarmés se lancer dans un milieu qui peut se montrer cruel? Doit-on agir de manière préventive dans bien des situations? Il semblerait qu’il y ait un manque d’informations
concernant ces circonstances de vie qui gagneraient à être davantage mises en lumière.


Mme Valérie Glatigny, des Sports et de la Promotion de Bruxelles.


Monsieur le Député, votre intervention me permet de rappeler que le service «Projet de vie» fête cette
année ses dix ans. Ce service unique suit de très près tous les sportifs sous contrat, qui sont plus de
70, tous les sportifs de haut niveau et tous les espoirs internationaux. Il a également mis en place
des aménagements, surtout scolaires, pour les 1 500 jeunes talents reconnus en Fédération Wallonie-Bruxelles. La double carrière est au cœur du travail d’accompagnement de ces sportifs. Il suit de près le travail de conciliation des études et de la carrière sportive et il accompagne les sportifs reconnus dans leur reconversion deux ans après leur
carrière. L’ADEPS reprend les actions entreprises par le service sur son site et elles sont dès lors accessibles à tous.

Dans quelques semaines, l’ADEPS mettra en ligne le «Carnet d’entraînement et de liaison»
(CEL) sous une forme numérique et téléchargeable.

Jusqu’à présent, le CEL était réservé aux 1 700 sportifs reconnus par la Fédération WallonieBruxelles. Cet outil sert de lien entre le monde du sport, celui de l’enseignement et les familles. C’est donc à travers le CEL que les clubs et les entraîneurs sont sensibilisés au bon développement du jeune sportif. Depuis huit ans, le service «Projet de vie» organise des salons d’information sur les études, les formations et les métiers (salon SportHEMA) à l’attention de tous les jeunes sportifs afin de leur permettre de concilier sport et études.
La réussite scolaire des sportifs reconnus est tout simplement extraordinaire. Elle frôle les
100 % dans nos trois centres d’excellence. C’est également le cas dans les études supérieures, grâce
à la Cellule d’accompagnement des sportifs de haut niveau dans l’enseignement supérieur (CASHES).
La CASHES vient en aide à ceux qui se sentent victimes de harcèlement moral ou sexuel, d’incivilités, d’intimidation ou de pression psychologique et elle leur offre une écoute et un accompagnement. La CASHES est effective et performante depuis six ans déjà et elle travaille en association avec l’Association sportive de l’enseignement universitaire et supérieur (ASEUS).


M. Philippe Dodrimont. – Je vous remercie, Madame la Ministre, d’avoir rappelé l’existence du bien nommé «Projet de vie». Il est essentiel d’accompagner les jeunes talents. Comme vous l’avez rappelé, le travail réalisé pendant toutes ces années a été remarquable. Les mesures que vous annoncez complètent les actions menées à l’attention de ceux qui ont déjà atteint le niveau espéré. Une fois détecté, le jeune talent a déjà franchi une étape et bénéficie d’un encadrement très valable. Ce n’est pas toujours le cas de ceux qui sont en attente de cette reconnaissance d’excellence: ils se sentent parfois démunis quand survient un événement malencontreux dans leur carrière sportive.
Je me réjouis de parcourir ce fameux CEL qui, au-delà des principaux intéressés, à savoir les sportifs et leurs parents, permettra d’aider les entraîneurs et les dirigeants de clubs. Il est important que chacun s’imprègne de ces mesures d’accompagnement essentielles pour éviter des situations de vie désastreuses.

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