Lundi dernier, il y avait séance de la Commission Sport au Parlement de la Fédération Wallonie- Bruxelles. A cette occasion, la Ministre des Sports, Valérie Glatigny, a été interpellée par le député André Antoine, qui fut Ministre des Sports de 2009 à 2014, à propos des « tensions au sein de la Fédération francophone de volley ». Pour votre bonne information, je vous livre l’échange de propos qui a ainsi eu lieu entre les deux parlementaires, tout en étant néanmoins amusé de constater au passage que la dernière et forte question posée par l’interpellant est, de fait, restée dans le vide. Il est ainsi permis de se demander comment, sans une médiation destinée à réviser tout le mode de fonction et de décision de notre fédération, celle-ci pourrait, comme la Ministre le suggère avec un optimisme sans limite, « trouver les moyens humains et une politique ambitieuse pour soutenir les jeunes et les sportifs de haut niveau avec une équipe féminine et masculine qui ont pour objectif leur participation aux Jeux olympiques de Paris ou de Los Angeles ».

Question de M. André Antoine à Mme Valérie Glatigny

Après les tensions au sein de la Fédération de judo, c’est au tour du volley francophone. En effet, ce dernier a perdu son «commandant de bord», Daniel Van Daele, le 27 juin après un mandat de seize mois. Des raisons personnelles sont évoquées, mais il apparaît surtout qu’il y avait énormément de tensions au sein du conseil qui a malheureusement perdu en 2017 son ancien président Albert Daffe qui avait mis en place une politique particulièrement dynamique au sein de la Fédération de volley. Daniel Van Daele a déclaré que s’il a présenté sa démission pour des raisons personnelles, il faut bien avouer aussi qu’il avait le sentiment de ne plus être suivi depuis quelque temps par certains membres du conseil d’administration. En attendant, c’est Dominique Reterre, viceprésidente, qui assure l’intérim alors que le volley en Belgique est en pause estivale. «Mais on constate un immobilisme à tous les niveaux. Il y a aussi tout un problème structurel et de personnel qui n’est pas adapté. La Fédération est encore au 20e siècle, c’est un fonctionnement féodal et le processus décisionnel est empreint d’intérêts relatifs à sa province, pas dans l’intérêt général. Il manque une culture du volley, de leadership. L’héritage est lourd, mais il faut pouvoir avancer et ça passe peut-être par une professionnalisation de la structure», évoque la vice-présidente. «En plus de la perte d’affiliés due à la Covid-19, beaucoup de jeunes préfèrent changer de sport, notamment vers le football féminin qui se développe assez bien», peut-on lire dans «La DH». «Il est impératif de travailler sur la base, le volley à l’école et penser à ce recrutement chez les jeunes.» Voilà un constat terrible de vérité qui indique dans quelle situation fâcheuse se trouve aujourd’hui la Fédération francophone de volley qui a pourtant connu de belles heures. Madame la Ministre, quelle est votre analyse? Partagez-vous ces constats? Avez-vous eu vent de ces tensions? Quelle a été la réaction de l’Administration de l’éducation physique et des sports (ADEPS) par rapport à ces tensions? Quelles initiatives allez-vous développer pour remettre la fédération sur de bons rails et qu’elle puisse monter au filet comme elle le faisait si bien précédemment?

Mme Valérie Glatigny

Monsieur le Député, mon administration ainsi que moi-même sommes bien conscientes des problèmes que traverse la Fédération de volley-ball Wallonie-Bruxelles (FVWB). Il s’agit de problèmes internes liés au fonctionnement d’une association et la presse en a relaté les causes. Mes services sont toujours disponibles pour assurer un soutien au développement de cette discipline et nous restons attentifs aux besoins. Le budget pour soutenir le plan programme de haut niveau de cette fédération est de 165 000 euros pour l’année 2021. En termes de soutien apporté à la suite de la crise sanitaire, la FVWB a bénéficié d’une subvention de 145 807 euros qu’elle a redistribuée à ses clubs afin de mettre en place les programmes et actions afin de compenser et lutter contre la diminution de leurs affiliés. Par ailleurs, 88 clubs ont reçu 1 000 euros grâce au challenge «Je me bouge pour mon club 2.0». J’ai aussi pu débloquer un montant de 1,2 million d’euros pour la détection et la labellisation, qui sera réparti entre les fédérations sportives et le modèle est en cours d’élaboration. Ces différents éléments démontrent le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles à la FVWB. J’espère que cette dernière retrouvera les moyens humains et une politique ambitieuse pour soutenir les jeunes et les sportifs de haut niveau avec une équipe féminine et masculine qui ont pour objectif leur participation aux Jeux olympiques de Paris ou de Los Angeles.

M. André Antoine. – Madame la Ministre, je note avec satisfaction les moyens mis à la disposition de la fédération. Toutefois, vu les vives tensions existantes qui contrastent avec le passé, je ne suis pas convaincu que cette fédération puisse s’en sortir sans une forme de médiation extérieure. Il y a quelques années, à votre place, j’entendais cette même fédération me présenter la construction d’un centre de haut niveau pour le volley, avec des ambitions fortes. Depuis lors, ces différentes tensions et ces rivalités de personnes, de sous-régions de Wallonie et de Bruxelles ont miné le succès de cette fédération. Je vous invite vraiment à prendre le taureau par les cornes et peut-être à désigner un médiateur, sans quoi la situation risque encore de se détériorer.

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