D’Emile Vandervelde à Philippe Moureaux

Dans un article publié dans “Le Vif” du 6 décembre (voir ci-après), Pierre Havaux évoque de belle manière les tribulations qu’a connues Emile Vandervelde, le patron du Parti Ouvrier Belge (POB), dans la dernière ligne droite de sa vie face aux “jeunes loups” qui, tels les Paul-Henry Spaak et Henri de Man, avaient du socialisme une notion beaucoup moins idéaliste que la sienne.

Cet article est intéressant à lire pour plus d’une raison. Je n’en relèverai qu’une ici. De fait, il s’agit d’une phrase qui, prononcée par celui qui était appelé “Le Patron”, me permet de souligner ce qui, à mes yeux, a sans doute été la qualité essentielle de Philippe Moureaux, autre personnalité socialiste de grand format qui vient de nous quitter. Tirant la leçon de sa longue expérience ministérielle (ministre à 4 reprises pendant 11 ans), Emile Vandervelde aurait dit “Il est plus facile de faire des socialistes ministres que d’être et de rester des ministres socialistes dans un gouvernement de compromis et de trêve”.

Philippe Moureaux a toujours été de la trempe de ceux qui sont restés socialistes quand ils sont devenus ministres. On pourrait même dire, je pense, qu’il a été beaucoup plus « socialiste », c’est-à-dire épris de justice sociale et soucieux du respect de la citoyenneté, à ces moments-là que lorsqu’il eut à mener, de manière clanique, la Fédération bruxelloise du PS ou à se faire « grand stratège » au niveau communal.

Ministre d’Etat il était, Ministre d’Etat il restera pour sa grande contribution à l’édification, avec l’aide d’Anne-Sylvie Mouzon, de nombreuses réformes institutionnelles et de la mise en place de la Région de Bruxelles-Capitale.

Salut à lui et hommage à sa grande intelligence.

https://www.academia.edu/37923963/_Vandervelde_le_patron_socialiste_disparu_à_temps_

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