Le report des Jeux de Tokyo et le (beach)volley au plan mondial

Suite à une conférence téléphonique entre le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le gouverneur de Tokyo Yuriko Koike et le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach, les Jeux olympiques 2020 ont été reportés de 12 mois, soit en juillet 2021.

L’été 2021 est la dernière date à laquelle ces Jeux olympiques pourraient avoir lieu, a déclaré Shinzo Abe. Il a confirmé que Thomas Bach avait accepté ‘à 100%’ la proposition de reporter les JO ‘d’environ un an’ face aux pressions croissantes dues à la menace du coronavirus.

Le Premier ministre japonais avait déjà déclaré hier qu’un report était inévitable si les Jeux de 2020 ne peuvent être organisés de manière complète en raison de la pandémie de coronavirus. ‘Si la décision du CIO signifie qu’il devient impossible d’organiser les Jeux olympiques sous une forme complète, comme je l’ai déjà dit, alors il faudra peut-être décider de les reporter’, avait-il déclaré au Parlement lundi.

Le même jour, le Canada et l’Australie avaient indiqué qu’ils n’enverraient pas d’athlètes cette année. Le Comité olympique des États-Unis s’est ensuite joint à l’Association olympique britannique et aux Comités olympiques d’Allemagne, d’Australie, du Brésil et de Norvège pour demander un report. Dans la foulée, le président de la Fédération internationale d’athlétisme Sebastian Coe avait à son tour demandé au président du CIO Thomas Bach de reporter les Jeux olympiques de Tokyo. Les athlètes avaient par ailleurs annoncé que leur santé serait mise en danger s’ils continuaient à s’entraîner.

Historique

C’est une décision historique, puisqu’il s’agit du premier report de l’histoire moderne de la compétition, née il y a 124 ans. Les Jeux n’avaient été complètement annulés que pendant les périodes de guerre mondiale (les éditions de 1916, 1940 et 1944) mais jamais suspendus ni reportés.

Si cette décision a mis autant de temps à être prise, c’est qu’elle sera pleine de conséquences économiques pour le Japon et pour le Comité Olympique International, mais aussi sportives pour les athlètes déjà qualifiés. Le coût de l’organisation des Jeux est estimé à 12,6 milliards de dollars, une somme à laquelle s’ajoute désormais un cauchemar logistique dû au retard qui sera apporté aux disponibilités des lieux et logements. Pour ce qui concerne le CIO, il aura à faire face à la question des contrats commerciaux et de diffusion, qui sont faramineux, mais aussi à celle de la responsabilité d’un report qui se posera dans ce qui ne manquera pas d’être un véritable enchevêtrement juridique.

Un report à 2021 pourrait également signifier le chamboulement d’autres compétitions prévues l’année prochaine, comme les prochains Championnats du monde d’athlétisme, qui pourraient à leur tour être reportés d’un an.

Pour la famille du volley-ball, les effets de ce report se marqueront tant sur le volley-ball que sur le beachvolley. Au niveau du volley proprement dit, ils occasionneront plus que probablement des changements de dates pour l’organisation des championnats d’Europe et des autres continents. Ils seront cependant plus marquants pour les compétitions de beachvolley. En effet, il est à penser que tout le système de qualification pour les Jeux de 2020, qui avait fort perturbé ces derniers temps par l’annulation de certains grands tournois et/ou par les difficultés de transport dans le cas d’autres épreuves, sera reconduit dans sa totalité pour la qualification des Jeux de 2021 mais, ce, en y intégrant sans doute un “zeste” de résultats déjà acquis au cours de cette saison/ écoulée ou des deux dernières saisons écoulées.

Ce sera tout bénéfice pour notre paire Dries Koekelkoren/Tom van Walle qui, on le sait, n’avait pu défendre ses chances au début de cette saison 2019-2020 du fait de la grave blessure encourue par Tom à la fin de la saison précédente.

Comme quoi, le grand malheur des uns peut parfois faire le petit bonheur des autres.

Cet article reprend dans sa première partie l’essentiel des données fournies à propos de ce report des Jeux par le magazine « Express ». Jpb.

Absolut Sport Absolut Volley

Le CIO réaffirme son positionnement face à la Russie mais ne s’égare-t-il pas ?

sotchi 2014 2

Le Comité Olympique International continue à faire des contorsions ou, si je peux me permettre l’expression, de la politique à multiples faces.

Restant accroché à une démarche qui l’avait amené, suite à un documentaire réalisé par la chaîne allemande ARD et à un rapport effectué par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), à refuser la participation des athlètes russes aux Jeux Olympiques de Rio dans différentes disciplines dont celle de l’athlétisme, le Comité Olympique International récidive.

Il a décidé de confirmer la suspension de la Russie aux Jeux Olympiques d’hiver mais en admettant toutefois que les athlètes russes pourront prendre part aux Jeux sous la bannière du Comité olympique international et non sous celle de leur pays. Cette prise de position satisfera tous les tartufes qui, sans trop se soucier de ses raisons et de ses conséquences, brandiront cette « suspension » comme un signe de la saine autorité du CIO dans la lutte que se doit de mener le mouvement sportif contre l’utilisation du dopage. Tant mieux pour eux.

Pour ma part, je ne me résous pas à la considérer comme heureuse ou opportune. Elle ne me satisfait guère, ou plutôt pas du tout, dans la mesure où elle me donne à penser que le CIO se complaît dans cette situation où il peut donner l’impression qu’il est répressif en matière de lutte contre le dopage alors qu’il est bien d’autres pays où le « traitement assisté des athlètes » ou « laissé aux soins de médecins hautement spécialisés en la matière » ne fait pas du tout l’objet d’investigations semblables à celles qui ont été et continuent à être menées en Russie. Cette situation est d’autant plus ambiguë quand on se souvient que les Jeux d’hiver de 2014 ont eu lieu à Sotchi, en Russie donc, et que le CIO, qui était pourtant à la manoeuvre en matière de détection des cas de dopage, ne tarissait pas d’éloges alors, attitude qui était tout aussi peu appropriée que l’est aujourd’hui son positionnement d’ordre critique, à l’égard du pays hôte.

Il est à espérer que Thomas Bach trouvera assez rapidement la bonne solution pour sortir le CIO de l’ornière dans laquelle le mouvement olympique et l’image du monde sportif se trouvent aujourd’hui plus qu’englués. Il y va non seulement de son crédit personnel mais, plus important encore, de la restauration de la bonne foi et de la crédibilité de l’institution dont il est le Président.

IOC Russian Doping

Les Jeux Olym­piques d’hi­ver 2018 de Pyeong­Chang (9-25 fé­vrier) en Corée du Sud se dé­rou­le­ront sans la Rus­sie. Suite à une af­faire de do­page à grande échelle, le pays se voit sus­pendu de la com­pé­ti­tion, bien que ses ath­lètes pour­ront par­ti­ci­per sous le dra­peau olym­pique.

La Rus­sie a été sus­pen­due des pro­chains jeux Olym­piques d’hi­ver 2018 par le co­mité in­ter­na­tio­nal olym­pique (CIO) pour do­page ins­ti­tu­tion­na­lisé. Ses spor­tifs sont tou­te­fois au­to­ri­sés à par­ti­ci­per aux épreuves or­ga­ni­sées à Pyeong­chang (Corée du Sud) du 9 au 25 fé­vrier, sous dra­peau olym­pique et strictes condi­tions.

→ Les or­ga­ni­sa­teurs sud-co­réens ont d’ailleurs an­noncé qu’ils ac­cep­taient de les ac­cueillir sous dra­peau olym­pique.

Le CIO a éga­le­ment an­noncé le ban­nis­se­ment à vie des JO du vice-Pre­mier mi­nistre russe Vi­tali Moutko, long­temps en charge des sports. En ré­ac­tion à cette dé­ci­sion, la té­lé­vi­sion d’Etat russe a in­di­qué qu’elle ne dif­fu­sera pas ces JO d’hi­ver.

Une heure après l’an­nonce, le Co­mité olym­pique russe (ROC) a an­noncé quant à lui qu’il al­lait faire appel de­vant le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) de Lau­sanne. « Punir des in­no­cents est in­juste et im­mo­ral » es­time le ROC.

Cette décision prise pour des raisons sportives est une première dans l’histoire olympique, et intervient alors que la Russie est accusée d’avoir mis en place un système de dopage institutionnalisé de 2011 à 2015, en particulier lors des JO d’hiver 2014 que le pays a organisés à Sotchi. « Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’intégrité des jeux Olympiques et du sport. La commission exécutive du CIO, a pris des sanctions proportionnées au regard de la manipulation systémique, tout en protégeant les athlètes propres« , a déclaré le président du CIO Thomas Bach dans un communiqué.

Le CIO suit ainsi, deux ans plus tard, la voie tracée par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qui avait suspendu la Fédération russe le 13 novembre 2015 après les révélations d’un dopage systématique couvert par les autorités russes dans la première discipline olympique, et offert la possibilité aux athlètes russes pouvant montrer patte blanche de participer sous la bannière olympique aux JO-2016 de Rio, puis aux Mondiaux de Londres-2017.

Près de 17 mois après les révélations en juillet 2016 du rapport McLaren, établissant un dopage d’État dans le sport russe entre 2011 et 2015, avec l’implication de Moscou et des services secrets (FSB), le CIO a donc décidé de prendre ses responsabilités et de sanctionner la Russie.

Avant les JO-2016 à Rio, l’instance suprême de l’olympisme avait renoncé à suspendre la superpuissance sportive, renvoyant aux fédérations internationales le rôle de faire le tri au sein des sportifs russes, un procédé qui avait été vivement critiqué à l’époque.

Au final, seul l’athlétisme avait durement sanctionné la Russie, qui avait présenté une délégation de 276 sportifs à Rio, contre 387 envisagés initialement. Mais après un an et demi d’enquête de deux commissions, mises sur pied par le CIO, les preuves amassées étaient bien trop importantes pour se décharger une nouvelle fois.

L’humiliation ou le boycott

Cette décision met le président russe Vladimir Poutine devant ses responsabilités, avec le choix à un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle, de l’humiliation ou du boycott. « Un boycott olympique n’a jamais rien résolu« , a d’ores et déjà déminé Thomas Bach, ce mardi soir.

Le 19 octobre, Poutine avait pourtant prévenu: obliger les athlètes russes à évoluer sous bannière neutre constituerait une « humiliation pour la Russie« , estimant qu’une telle décision « ferait du mal au mouvement olympique« .

Avec la décision historique du CIO, le voilà obligé de choisir, soit d’accepter la proposition du CIO, soit d’aller à l’épreuve de force et de boycotter l’édition sud-coréenne des Jeux d’hiver.

Le président du Comité olympique russe Alexander Zhukov – également suspendu ce mardi – avait clairement expliqué qu’aucun sportif russe ne se rendrait sous drapeau neutre à Pyeongchang.

 

via La Russie suspendue des JO d’hiver 2018 | L’Echo

 

Absolut Friends Absolut Politique Absolut Sport